Le projet Chine de Renault suit son plan de marche

Directeur Chine de Renault, Jacques Daniel a fait un point d’étape du projet industriel du constructeur dans ce pays à l’occasion du Salon de Genève. « La Chine reste le projet le plus important de l’entreprise. Nous voulons atteindre en Chine à terme 3,5 % de part de marché et nous partons de rien pour y arriver en quelques années », a rappelé le dirigeant. Depuis l’accord des autorités en décembre 2013, le projet avance rapidement et selon le calendrier prévu, a-t-il expliqué. « Nous sommes là où nous voulons être », a-t-il ajouté.

Les premiers coups de pelles en janvier 2014 pour l'usine de Wuhan (avec une capacité initiale de 150 000 voitures) ont abouti à la sortie de ligne en septembre 2014 du premier prototype. Dans les semaines qui viennent interviendra la sortie du premier moteur assemblé sur place. Si le projet peut avancer rapidement, c’est grâce « au soutien technologique et ressources humaines de Nissan », a souligné M. Daniel. L’usine Renault sera en effet un copié-collé de celle de Nissan, ce qui est favorisé par la mise en commun de la plateforme, des composants et des moteurs. « Pour l’usine de moteur, nous avons les mêmes machines, les mêmes paramétrages », a-t-il indiqué. Ainsi, les opérateurs qui vont l’assembler sont actuellement formés sur les lignes de Nissan.

Renault confirme donc le démarrage de la fabrication du Kadjar début 2016, dans la foulée de son lancement en Europe avec un taux de localisation de 80 %. Le constructeur devrait profiter d’une image positive de la France. « Nous n’allons pas faire référence aux véhicules anciens, mais utiliser notre histoire de manière positive. Une entreprise qui a réussi pendant 115 ans, c’est une sacrée preuve. C’est le signe d’une marque qui a réussi tous ses rendez-vous avec l’histoire », a indiqué M. Daniel. « Notre concurrent, c’est Volkswagen, et nous allons plus jouer marque européenne que marque française et démontrer que nous sommes une alternative à VW », a-t-il ajouté.

Dans un contexte de ralentissement de la croissance du marché chinois, recruter un réseau est moins facile que par le passé, a souligné Jacques Daniel, qui cherche des concessionnaires « qui aient démontré leur capacité à vendre ». Renault comptait 102 concessionnaires à fin décembre 2014, en nommera une cinquantaine cette année et prépare les recrutements pour 2016. « Dans notre plan, nous visons 200 concessionnaires à fin 2016, quand nos concurrents se situent à 1000-1500 », a-t-il précisé. Avec un programme annoncé de trois SUV avec le Kadjar sur le segment C, un SUV du segment D et le Captur, Renault arrive sur un segment à la mode et rentable, mais il doit convaincre les investisseurs, alors que la couverture des grands centres urbains devient plus couteuse. « Quand nous aurons nos premiers succès, nous aurons moins de difficultés à avoir des partenaires », a souligné le dirigeant. (AUTOACTU.COM 9/3/15)

Alexandra Frutos