Le président de BMW France estime que « les objectifs de CO2 ne seront pas atteints sans les véhicules diesel »

Dans un entretien accordé à AUTOACTU.COM (21/10/15), le président du directoire de BMW Group France Serge Naudin indique que la question de prendre ou pas un diesel se posait déjà avant l’affaire Volkswagen et que son groupe ne constate pas de nouvelle conséquence majeure. « Le groupe BMW a investi des milliards d’euros depuis des années pour abaisser les émissions de CO2 de sa flotte avec déjà un résultat de ? 25 % entre 1995 et 2008 et nous avons pour objectif de faire encore ? 25 % entre 2008 et 2020. Les objectifs de CO2 ne seront pas atteints si nous n’avons pas un mix flotte qui comporte des véhicules diesel. L’automobile est une industrie lourde avec des cycles à 10 ans (R&D plus commercialisation) et il ne faut pas pénaliser l’industrie automobile en changeant les règles du jeu à court terme. Les objectifs de CO2 seront atteints avec le bon mix de motorisation : électrique, hybrides, essence, et bien sûr diesel », explique-t-il.

La part des véhicules diesel dans les ventes du groupe est de 45 % chez Mini et 88 % chez BMW. « Le taux de diesel élevé chez BMW s’explique par un kilométrage moyen réalisé par nos clients nettement plus important que la moyenne nationale. Le diesel restera plus performant pour les gros rouleurs compte tenu d’une consommation moindre de 15 % à 20 %. En 2015, la tendance est légèrement à la baisse entre 3 et 5 points et touche essentiellement les petites cylindrées. Nous ne percevons pas de mouvements violents et il est trop tôt pour dire si la tendance va s’accentuer », ajoute le dirigeant.

« Dans la stratégie présentée en 2007 par le Dr Reithofer, il y avait le projet de développer des technologies nouvelles dans les services de mobilité individuelle, dont l’un des plus emblématiques est le programme BMWi. Nous avons lancé la BMW i3 en novembre 2013 et la BMW i8 en juin 2014. La technologie hybride rechargeable a été ouverte par cette dernière avec la gestion efficiente du couplage d’un moteur thermique 3 cylindres essence avec un moteur électrique qui fonctionnent alternativement ou les deux ensembles. Nous avons acquis un savoir-faire dans l’hybridation qui nous permet aujourd’hui de décliner cette technologie sur d’autres modèles de la gamme. La spécificité de BMW en tant que motoriste est de développer lui-même ses moteurs de A à Z. Pour BMWi nous intégrons les cellules de batteries, développons leur packaging et leur environnement de gestion en combinaison avec le moteur thermique, ce qui en fait un pur produit BMW. Nous déclinons désormais cette technologie sur la gamme avec le lancement de la X5 40 eDrive à la fin du mois d’octobre et des BMW 225 Xi Active Tourer et BMW 330 e en mars/avril 2016 », indique par ailleurs M. Naudin.

« La BMW i3 n’est pas un véhicule hybride mais un véhicule 100 % électrique. Nous avons compensé le poids de la batterie par une coque en carbone et elle est plus légère que ses concurrentes avec 1,195 tonne, et son autonomie en tout électrique est de 190 km selon la norme européenne NEDC. Le ?range extender? est un petit moteur thermique avec un réservoir de 9 l qui joue le rôle de générateur. C’est un élément de réassurance qui permet de rouler jusqu’à 300 km sans ravitaillement. Nous travaillons sur l’augmentation de l’autonomie sans pour autant que les véhicules deviennent plus lourds et plus coûteux.
A ce jour, il n’a pas été décidé de décliner cette technologie sur d’autres modèles de la gamme », déclare encore le dirigeant. « Nous sommes contraints en production et nous vendons selon nos capacités de production. Nous en avons vendu 60 1 [voitures électriques] en 2014 et notre allocation 2015 est de 700, nous en aurons 70 % avec l’étendeur d’autonomie, qui est une option à 4 500 euros. Avec en moyenne une centaine de commandes par mois, notre offre n’atteint pas encore la demande », souligne-t-il. « Nous avons immatriculé 74 [BMW i8] en 2014 et nous en aurons une soixante pour 2015 », précise-t-il.

Alexandra Frutos