Le point sur les négociations salariales en Allemagne

En Allemagne, les négociations pour les augmentations de salaires sont menées par secteur. L’un des principaux est celui de la métallurgie et de l’électronique (qui emploie au total près de 3,7 millions de personnes), représenté par l’un des plus puissants syndicats d’Allemagne, l’IG Metall. Ce secteur inclut notamment l’industrie automobile.Les employeurs du secteur de la métallurgie sont représentés par Gesamtmetall, tandis que les syndicats sont représentés par l’IG Metall. Afin de déterminer les conditions de travail, ils signent des conventions salariales (Tarifvertrag), valables pour une durée déterminée (généralement un an). Les grèves sont interdites durant toute la durée de validité de ces conventions salariales, dans le cadre de la Friedenpflicht, ou obligation de paix. Pour le secteur de la métallurgie et de l’électronique, la période d’obligation de paix s’achève quatre semaines après la date d’échéance d’une convention salariale. Cette année, elle s’est terminée le 28 janvier.A la fin de la période de Friedenpflicht, des négociations débutent en vue de la signature d’une nouvelle convention. L’un des principaux moyens de pression dont disposent alors les syndicats sont les Warnstreik, ou grèves d’avertissement. Il s’agit de débrayages d’une ou plusieurs heures par jour, qui ne nécessitent pas de préavis de grève, contrairement à une grève classique. Ces grèves d’avertissement sont autorisées par la loi allemande, et protégées au même titre que le droit de grève classique. Les négociations se déroulent en plusieurs tours, plus ou moins nombreux selon la difficulté à trouver un accord. Les grèves « classiques » n’ont lieu qu’en cas d’enlisement des négociations.Cette année, dans le cadre des négociations en vue d’une nouvelle convention salariale, le syndicat IG Metall réclame une hausse des salaires de 5,5 % dans le secteur de la métallurgie, ainsi qu’une nouvelle convention pour les apprentis en alternance et de meilleures conditions pour les départs en retraite progressive. Les employeurs proposent de leur côté une augmentation de 2,2 %.Le 14 janvier (date du début de la première session de négociations), les premières Warnstreik au niveau fédéral ont été organisées par l’IG Metall. De plus, depuis le 29 janvier (la période de paix étant terminée), le syndicat a donc commencé à appeler à la grève, en demandant aux salariés de dégrever quelques heures chaque jour au moins jusqu’au 11 février.Cette année, l’IG Metall s’attend à des négociations difficiles, mais espère tout de même conclure un accord avec le patronat d’ici à la fin du mois de février.Lors des négociations salariales, un Land conclut généralement un accord pilote qui est ensuite suivi par les autres Länder. Cette année, le Land du Bade-Wurtemberg devrait être le premier à donner les conditions de sa nouvelle convention salariale. En effet, la région du sud-ouest de l’Allemagne a été la première à être passée à la deuxième session de négociations.Actuellement, l’ensemble des Länder ont pris part à deux sessions de négociations, qui se sont révélés infructueuses. De fait, depuis la fin du mois de janvier, de nombreuses grèves d’avertissement ont été menées aussi bien chez les constructeurs que chez les équipementiers. Ainsi, le jeudi 29 janvier, quelque 70 000 salariés ont dégrevés durant une heure dans la nuit. Depuis ces premières grèves consécutives à la fin de la période de paix, le nombre de grévistes s’établirait à environ 300 000 personnes.La troisième session de négociations doit débuter le 6, 9 ou 11 février selon les Länder. L’IG Metall entend poursuivre les grèves d’avertissement jusqu’à ces dates.Par ailleurs, il convient de noter que le groupe Volkswagen mène ses propres négociations salariales. A l’instar de l’IG Metall, les représentants salariaux du groupe de Wolfsburg ont réclamé 5,5 % d’augmentation, mais la direction n’offre de son côté qu’une hausse de 2,2 %. Ces négociations spécifiques ont été reportées au 12 février.

Cindy Lavrut