Le point sur les équipementiers allemands au Brésil

Le Brésil est le quatrième plus grand marché automobile mondial. Il attire donc de nombreux constructeurs automobiles. Par exemple, Daimler, Audi et BMW envisagent d’y produire des véhicules. Ils veulent également accroître leurs ventes cumulées dans le pays de 170 % d’ici à 2020.

De plus, les constructeurs implantés au Brésil bénéficient d’importantes subventions de la part du gouvernement brésilien si au moins 60 % des composants qu’ils utilisent dans la production de leurs modèles sont produits localement. A l’inverse, si les constructeurs importent leurs véhicules, ils subissent des taxes douanières élevées. Ces mesures permettent au Brésil de promouvoir la production locale.

Il est donc important pour les constructeurs automobiles présents dans le pays de disposer d’une base de fournisseurs. Par conséquent, les équipementiers ? et notamment les équipementiers allemands ? doivent disposer de sites de production au Brésil, explique Stefan Wolf, le président d’ElringKlinger.

Cet équipementier dispose déjà d’une usine brésilienne à Piracicaba. Les capacités de ce site devraient vite se révéler insuffisantes, et des travaux d’agrandissement sont prévus d’ici deux à trois ans. ElringKlinger devrait alors investir 10 à 12 millions d’euros.

Bien que les équipementiers ne soient pas soumis à une législation stricte comme peuvent l’être les constructeurs d’automobiles, il est intéressant pour eux de produire sur place, afin d’être au plus près de leurs clients et de réduire les frais d’expédition de leurs composants. En outre, le coût du travail est moins élevé au Brésil qu’en Allemagne. De ce fait, les groupes allemands Bosch, Continental, ElringKlinger et ZF sont implantés dans le pays.

La division automobile de Bosch réalise 80 % de son chiffre d’affaires en Amérique Latine sur le seul marché brésilien. ElringKlinger de son côté prévoit de dégager un chiffre d’affaires de 51 millions d’euros au Brésil en 2013 (+ 10 %) et d’ici à 2018, son chiffre d’affaires dans le pays devrait croître, à 70 millions d’euros par an.

Néanmoins, produire au Brésil comporte un risque majeur, les effets de change. En effet, l’euro étant plus fort que le real, les prix des composants produits par les équipementiers allemands, facturés en euros, risquent de devenir prohibitifs. En outre, les coûts salariaux ainsi que les prix des matières premières augmentent au Brésil. Pour toutes ces raisons, la production locale pourrait à terme ne plus être compétitive.

Cindy Lavrut