Le point sur les ambitions des constructeurs chinois en Europe (2/2)

En outre, en prenant une participation dans un constructeur européen (ou en acquérant une marque), un constructeur chinois pourrait obtenir des licences technologiques essentielles à son développement mondial.

De plus, être présent en Europe représente un net avantage en termes d'images de marque et de crédibilité. Ainsi, Changan veut générer 30 % de son chiffre d'affaires hors de Chine d'ici à 2020 (contre 5 % l'an dernier). Lifan compte de son côté réaliser 20 % de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis et en Europe dès 2015. Enfin, SAIC veut augmenter ses ventes hors de Chine de 20 % cette année.

Or, les constructeurs chinois ont les moyens financiers de se développer à l'international, grâce au soutien de l'Etat. En effet, Changan, FAW, Dongfeng, BAIC et SAIC sont des entreprises publiques. Ainsi, les constructeurs disposent d'importantes liquidités, ce qui pourrait permettre leur entrée au capital de marques européennes, malgré de nombreux obstacles économiques, politiques, technologiques et sociaux.

En revanche, s'implanter en Europe permettrait de lever au moins un obstacle, à savoir les taxes à l'importation. Cette stratégie a déjà été mise en place par Chery, Geely et Great Wall au Brésil. Ces trois constructeurs ont ainsi annoncé qu'ils allaient construire des usines dans le pays.

Actuellement, seul Geely est réellement présent en Europe, grâce à son rachat de Volvo, mais BAIC a également acquis certains brevets de Saab. En outre, Nanjing et SAIC ont repris les actifs de MG Rover. Les nouveaux modèles MG ne s'écoulent pour l'instant qu'à des volumes confidentiels, mais un nouveau modèle - la MG3 - attendu à l'été pourrait permettre à Nanjing et SAIC de mettre un pied en Europe.

Cindy Lavrut