Le point sur le poids des constructeurs étrangers dans la production et l'emploi dans l'industrie automobile en Amérique du Nord (1/2)

Les constructeurs étrangers jouent un rôle croissant dans l’industrie automobile en Amérique du Nord. La percée des constructeurs asiatiques et européens dans cette région a débuté sérieusement il y a 31 ans, avec l’entrée en activité de l’usine Honda de Marsyville, dans l’Ohio, la première usine d’assemblage japonaise aux Etats-Unis. Nissan a suivi un an plus tard, avec son usine de Smyrna, dans l'Etat du Tennessee. L’industrie a subi depuis une transformation continue, marquée par l'accélération de la présence des marques étrangères pendant la récession à la fin des années 2000.

Selon une enquête réalisée par Automotive News, 39 % de tous les salariés des constructeurs d’automobiles en Amérique du Nord (les chiffres incluent les ouvriers et employés dans tous les départements, y compris les filiales de financement) - soit 160 111 personnes - travaillent aujourd'hui pour des constructeurs étrangers. Le pourcentage s’élevait à 25 % en 2005 et à 15 % en 2000.

Les constructeurs employaient au total 416 691 personnes dans la région au premier trimestre 2013, contre 521 215 en 2005 et 608 342 en 2000. Un peu plus de 104 000 emplois ont été perdus depuis 2005, mais les constructeurs asiatiques et européens en ont créé 28 654. Ils ont ouvert au cours des huit dernières années sept usines d’assemblage aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, tandis que Chrysler, Ford et General Motors ont fermé respectivement 4, 7 et 10 usines. Le nombre total d’usines d’assemblage en Amérique du Nord est passé de 80 en 2005 à 70 à la fin de 2012, dont 41 pour les trois constructeurs américains qui en comptaient 58 en 2005. Hyundai a ouvert en 2005 une usine d'assemblage à Montgomery (Alabama) et sa société s’ur en a ouvert une à West Point (Géorgie) en 2009. Toyota a ouvert un site d'assemblage à San Antonio en 2006, un autre à Woodstock (Ontario) en 2008 et un troisième à Blue Spring (Mississippi) en 2011. Honda a pour sa part ouvert une usine à Greensburg (Indiana) en 2008 et Volkswagen a ouvert une usine à Chattanooga en 2011.

Depuis 2005, les effectifs de Volkswagen en Amérique du Nord ont augmenté de 34 % (à 25 100 personnes), ceux de BMW de 59 % (à 9 375 personnes), ceux de Daimler de 44 % (à 7 838 personnes), ceux de Hyundai de 138 % (à 5 137 personnes) et ceux de Nissan de 25 % (à 30 000 personnes).

Les effectifs des Trois de Detroit ont pour leur part fondu d'un tiers entre 2005 et 2013, à 253 616 personnes, mais les trois constructeurs américains créent aussi des emplois depuis que l’industrie repart. Chrysler a embauché plus de 8 200 ouvriers depuis 2009, principalement pour introduire de nouvelles équipes dans ses usines. Ford s’est pour sa part engagé en 2011 à créer 12 000 postes dans ses usines américaines d’ici à 2015 et indique avoir rempli plus de la moitié de cet engagement. Enfin, General Motors affirme que depuis sa sortie du régime des faillites il s’est engagé à investir plus de 8,5 milliards de dollars dans ses usines américaines, créant ou garantissant ainsi plus de 24 700 emplois.

Frédérique Payneau