Le point sur le Salon de Shanghai 2015 (1/2)

Le Salon de Shanghai ouvre ses portes au public du 22 au 29 avril. Cette année, environ 2 000 exposants sont attendus et plus de 1 300 voitures sont exposées, dont 109 premières mondiales. Bien que disposant de stands qui restent discrets, les équipementiers chinois affichent cette année de grandes ambitions, tout d'abord sur le marché chinois, puis dans le reste du monde. Ainsi, ces derniers mois, plusieurs équipementiers chinois ont réalisé d'importantes acquisitions (par exemple Chem China qui a racheté Pirelli). En outre, la filiale équipementière chinoise vise un chiffre d'affaires de 200 milliards d'euros d'ici à 2020 (contre 147 milliards d'euros en 2014). A titre de comparaison, le secteur équipementier mondial a réalisé un chiffre d'affaires de 667 milliards d'euros en 2014 et vise un chiffre d'affaires de 791 milliards d'euros en 2020.Actuellement, les équipementiers chinois sont principalement présents via leurs coentreprises avec des groupes étrangers. Par ailleurs, les groupes chinois qui fonctionnent seuls sont généralement actifs dans le domaine des équipements intérieurs, où moins de technologies de pointe sont nécessaires. En termes de technologie de pointe, la lutte contre les émissions polluantes (engagée en Chine comme en Amérique du Nord et en Europe) favorise plutôt les équipementiers étrangers actifs entre autres dans le domaine de l'allègement des véhicules, des systèmes d'échappement, ou de la réduction des émissions. Les groupes français Valeo, Faurecia, Plastic Omnium profitent nettement de cette tendance (cf. revue de presse du 22/4/15). La politique du gouvernement chinois influence aussi les constructeurs, notamment en ce qui concerne l'actuelle campagne de lutte contre la corruption menée par Pékin. Cette politique a conduit les constructeurs à réduire le prix de leurs pièces détachées. Ajouté à une concurrence accrue, cela a mené à une baisse des prix des voitures en Chine (particulièrement des voitures importées). Les rabais et promotions accordés par les constructeurs reflètent le durcissement du marché chinois. En effet, bien que toujours très dynamique, le marché chinois (tous véhicules) a progressé de 6,9 % en 2014, contre une hausse de 14 % en 2013. Au premier trimestre, la croissance a encore ralenti, avec une hausse de seulement 3,9 %.Pour le marché VP (voitures particulières), la hausse s'est établie à 9 % au 1er trimestre de cette année, après une croissance de 9,9 % en 2014 et de 16 % en 2013.Le marché automobile chinois ralentit donc sa croissance, sauf sur le segment des véhicules de loisir (et à moindre mesure des monospaces).

Cindy Lavrut