Le point sur le Salon de Pékin de 2014 (1/2)

Le marché chinois a progressé de 14 % en 2013, à près de 22 millions d’unités (contre 4 millions d’unités en 2005). Pour l’année 2014, la CAAM (association chinoise des constructeurs d’automobiles) table sur une croissance des ventes comprise entre 8 et 10 %.

Malgré ce ralentissement de la croissance (principalement dû aux quotas d’immatriculations mis en place dans de grandes métropoles telles que Shanghai, Pékin ou Canton), la Chine offre toujours un fort potentiel de développement, car la demande d’automobiles est appelée à progresser dans les villes petites et moyennes. En outre, le taux de motorisation reste faible, avec seulement 70 véhicules pour 1 000 habitants.

Du fait de cet optimisme concernant l’évolution du marché chinois, la treizième édition du Salon automobile de Pékin (du 20 au 29 avril) a attiré plus de 852 000 visiteurs, soit une fréquentation record. Le Salon a accueilli plus de 2 000 exposants. Plus de 1 100 véhicules étaient exposés, dont près de 120 nouveautés. L’importance du Salon a reflété l’importance du marché chinois pour la filière automobile.

Deux grandes tendances ont pu être observées à l’occasion du Salon de Pékin. Tout d’abord, en Chine, la voiture reste un objet de statut social. Ainsi, les voitures de haut de gamme et donc les voitures des constructeurs étrangers (principalement européens et américains, les constructeurs japonais souffrant toujours du conflit diplomatique entre Chine et Japon) ont la préférence des consommateurs chinois.

Les marques chinoises n’ont en effet représenté que 39 % du marché chinois au premier trimestre (- 4 points) et 9 des 10 premiers constructeurs en Chine sont des coentreprises entre des constructeurs chinois et des constructeurs étrangers (la première étant Shanghai-Volkswagen).

Au premier trimestre, le segment du haut de gamme a vu ses ventes progresser de 30 %, atteignant ainsi une pénétration de 8 %. A titre de comparaison, la part de marché du haut de gamme en Europe s’établit à 15 % ; le haut de gamme a donc un fort potentiel de développement en Chine avant que le pays ne devienne un véritable marché mature. En effet, d’ici à 2020, 2,7 millions de véhicules de haut de gamme devraient être écoulés en Chine, ce qui fera du pays le premier marché du haut de gamme dans le monde, devant les Etats-Unis.

Plusieurs constructeurs ont donc présenté des modèles de haut de gamme au Salon de Pékin, notamment Peugeot, Citroën, Audi, Bentley, BMW, Mercedes, Lexus, Nissan-Infiniti, ou encore Ford (Mustang). Rolls-Royce par exemple a dévoilé en première mondiale son niveau modèle, la Pinnacle Phantom.

En outre, le segment du haut de gamme est en mutation en Chine. En effet, auparavant, les voitures de haut de gamme étaient surtout achetées par des officiels du gouvernement ou des dirigeants d’entreprises. Désormais, ces modèles premium sont acquis à 90 % par des particuliers.

De plus, la volonté du gouvernement central de limiter les ventes de berlines luxueuses étrangères aux représentants du gouvernement a nui à l’ultra-luxe mais a profité aux véhicules de haut de gamme « plus accessibles », telles qu’Audi (dont les ventes ont augmenté de 21 % en 2013), Mercedes (+ 18 %), BMW (+ 20 %) ou encore JLR (+ 30 %).

Au Salon de Pékin, plusieurs marques de haut de gamme ont indiqué vouloir élargir leur réseau de distribution en Chine. Rolls Royce veut ainsi disposer de 5 concessions dans le pays d’ici à la fin de l’année (contre 21 actuellement) et Audi veut étendre son réseau à 500 concessions d’ici à 2017 (contre 340 actuellement).

Cindy Lavrut