Le point sur le Salon de Francfort 1/2


Le Salon de Francfort compte parmi les plus importants salons automobiles mondiaux (avec 928 000 visiteurs en 2011). Il est organisé tous les deux ans, en alternance avec le Mondial de l’Automobile de Paris. Cette année, la 65ème édition se déroule du 12 au 22 septembre, avec des journées presse les 10 et 11 septembre.

Cette année, quatre grandes tendances se sont dégagées au Salon de Francfort :
- l’importance du haut de gamme (principalement observée sur les nombreux véhicules de loisirs et voitures sportives exposés),
- les véhicules connectés et autonomes,
- l’accent mis sur les véhicules verts (notamment les hybrides et rechargeables),et
- un optimiste, certes mesuré, mais général concernant la reprise du marché européen.
Premièrement, concernant le haut de gamme, le Salon de Francfort est une véritable vitrine pour les constructeurs allemands. Or, le segment du haut de gamme est leur point fort, particulièrement à l’exportation. Le Salon de Francfort a donc une vocation de promotion de l’industrie automobile locale. Afin de concurrencer les constructeurs allemands sur leur propre terrain, les constructeurs internationaux doivent donc s’aligner et présenter également des véhicules de haut de gamme (et notamment des modèles sportifs). En outre, le haut de gamme est nécessaire aux constructeurs généralistes, car ce segment souffre moins en cas de crise. Ainsi, Ford a présenté le concept Vignale et Renault le concept Initiale Paris. L’objectif est de reproduire le succès de la ligne Citroën DS. En outre, pour Renault, il s’agit également de créer un contrepoint à sa marque à bas coût Dacia. Les modèles de haut de gamme sont donc nécessaires à une reprise du marché européen, à la fois pour les constructeurs traditionnellement présents sur ce segment et pour les constructeurs généralistes. Parmi les modèles de haut de gamme présentés à Francfort, on peut noter l’importance des modèles sportifs, avec notamment la Mercedes S63 AMG, la Lamborghini Gallardo Squadra Corse, la Bentley Continental V8S, les Porsche 911 Turbo et 918 Spyder, et les BMW i8 et M4, mais aussi la Volkswagen Golf R, la Peugeot 308 R et la Honda Civic Type R.
On peut également observer que les constructeurs de haut de gamme cherchent à se lancer sur le segment des voitures compactes et notamment des petits véhicules de loisirs et des crossovers. Les modèles compacts (jusqu’à présent quasiment absents des portefeuilles de modèles des marques premium) sont au c’ur des intérêts des marques de haut de gamme, car ils attirent une clientèle plus jeune. Audi estime notamment que le segment des voitures compactes de haut de gamme sera multiplié par quatre à court terme. A titre d’exemple, ce segment devrait représenter 200 000 ventes par an aux Etats-Unis d’ici quelques années. Parmi les voitures compactes de haut de gamme dévoilées à Francfort, on peut citer les Audi A3 (berlines et cabriolet) et Q3 (petit véhicule de loisir), les Mercedes CLA (coupé) et GLA (véhicule de loisir compact), mais aussi le Jaguar CX17, qui a pour objectif de reproduire le succès rencontré par le Range Rover Evoque (également issu du groupe Jaguar Land Rover). Ce modèle a attiré en moyenne des acheteurs de 44 ans (contre une moyenne d’âge de 48 ans pour l’ensemble des acheteurs de la marque Range Rover). En outre 85 % des automobilistes ayant acquis un Evoque achetaient pour la première fois un modèle de la marque Range Rover.
La voiture autonome est également l’une des grandes tendances de ce Salon de Francfort. Mercedes expose ainsi la S 500 Intelligent Drive, un modèle équipé d’un système de pilotage automatique. Elle a été testée ? sans pilote et sans encombre ? sur un trajet de 100 km comportant des feux de signalisation, des ronds-points, des passages de tramways et également des piétons. Bien que ce système de pilotage automatique complet reste pour l’instant au niveau de concept, Mercedes propose déjà sur sa nouvelle Classe S un système permettant à la voiture de se conduire elle-même jusqu’à une vitesse de 30 km/h. Dans le domaine de la voiture autonome, Valeo a présenté l’application Valet Park4U. A l’entrée d’un parking, la voiture dotée de cet équipement peut chercher par elle-même un emplacement de stationnement et s’y garer sans conducteur. Ensuite, via un « ordre » transmis par téléphone, la voiture peut venir elle-même récupérer le conducteur à la sortie du parking. Continental a également dévoilé un système de détection à 360 ° des obstacles, panneaux de signalisation, lignes blanche, etc. Du fait de toutes ces avancées, de nombreux acteurs de l’industrie automobile (notamment Mercedes, Nissan, Continental ou encore Bosch) estiment que des systèmes de conduite autonome pourront être produits en série à compter de 2020 (notamment pour la conduite dans les embouteillages ou sur autoroutes ou encore pour le stationnement). Outre ces systèmes de pilotage automatique, la voiture connectée a également été un des grands thèmes du Salon de Francfort. Les véhicules peuvent ainsi être connectés aux smartphones des conducteurs (pour l’utilisation d’applications de navigation entre autres), mais aussi à d’autres véhicules, qui peuvent signaler divers incidents sur la route (accidents, travaux, ralentissement, etc.). En réponse à cet engouement pour la connectivité dans l’automobile, plusieurs constructeurs ont annoncé des partenariats avec Google, IBM ou encore Nokia. En outre, ces groupes travaillent à l’élaboration d’un réseau de communication commun pour les véhicules connectés. Selon le VDA (association de l’industrie automobile allemande), le nombre de véhicules connectés présents sur les routes devrait être multiplié par 4 d’ici à 2016, à 210 millions d’unités dans le monde.

Cindy Lavrut