Le point sur la stratégie d'électrification de Volvo Cars 2/2

Comme indiqué dans la première partie de ce Zoom Eco (en date du 12 juillet), Volvo Cars a annoncé qu'il allait mettre en place une stratégie visant à proposer des versions électrifiées (hybrides ou électriques) de tous ses modèles. Il compte en outre lancer 5 voitures 100 % électriques entre 2019 et 2021.Pour le moment, la stratégie de Volvo Cars bénéficie de l’image positive de l’électromobilité. La recherche, la production et la commercialisation de véhicules électriques conservent des avantages certains en matière de communication et de subventions (tant pour la recherche que pour la production et la vente). Volvo Cars se fixe pour ambition d’atteindre 1 million de véhicules électrifiés produits chaque année d’ici 2025. L’intégration de Volvo Cars au sein du groupe chinois Geely, qui possède également sa propre marque, mais aussi ? depuis peu ? les marques Proton et Lotus, permet à Volvo Cars de survivre en étant quasiment un constructeur de niche. En contrepartie, cela permet de compléter l’offre du groupe Chinois et de la diversifier.Cette stratégie de différenciation permettrait à Volvo de poursuivre dans un segment décalé et d’éviter une concurrence frontale plus solide et mieux armée, notamment avec les constructeurs de haut de gamme allemands. Néanmoins, quelques doutes subsistent notamment concernant le coût des motorisations hybrides et électriques ainsi que l’autonomie encore limitée des batteries au lithium-ion. La technologie au lithium-ion connaît d’ailleurs des limites techniques (rareté des matériaux et coût environnemental de l’extraction, peu de recyclage, temps de charge, etc.). Mais le véritable risque pour Volvo serait une rupture technologique dans les propulsions électriques et surtout dans les motorisations thermiques. En misant exclusivement sur les motorisations vertes, Volvo prend un risque mais fait montre d’audace. Il entreprend également démarche financière qui limite les investissements dans le domaine des technologies thermiques et qui le soulage de la pression règlementaire et fiscale liée aux nouveaux objectifs de réduction des émissions polluantes. Toutefois, l’avènement d’une motorisation thermique de nouvelle génération plus sobre, n’est pas à exclure. Cela apporterait un allègement des véhicules et des moteurs, une diminution des émissions, une baisse des coûts de production. Volvo Cars serait alors hors course, avec des modèles électrifiés qui ne seraient pas compétitifs. Mais dans ce cas, le constructeur suédois ne serait pas le seul à souffrir d’une telle disruption.

Cindy Lavrut