Le point sur la mobilité à Shanghai

La ville de Shanghai, qui compte environ 25 millions d’habitants, affiche depuis 2012 un parc de près de 3 millions de voitures. Les embouteillages sont donc fréquents et la vitesse moyenne des véhicules sur les routes principales aux heures de pointe à Shanghai ne dépasse pas les 16 kilomètres par heure.

La ville est donc dans l’obligation de limiter le développement de l’automobile. Pour ce faire, la principale mesure mise en place est le quota de nouvelles plaques d’immatriculation (environ 10 000 plaques sont mises en vente aux enchères chaque mois). Une plaque est nécessaire pour acheter une voiture neuve comme une voiture d’occasion.

Néanmoins, étant donné l’importance du parc automobile à Shanghai, la circulation reste relativement fluide la voiture individuelle ayant, dans les déplacements, un rôle assez marginal. En revanche, la densité des deux roues (vélos, mobylettes et motos) est très importante. Ils assurent en effet une part significative de la logistique des derniers kilomètres.

La nécessité de limiter le développement de l’automobile s’explique également par l’impossibilité dans laquelle la ville de Shanghai se trouve de s’étendre. En effet, en raison de la difficulté qu’a la Chine à assurer son autosuffisance alimentaire, les règles d’urbanisme qui s’imposent aux autorités locales empêchent la construction de banlieues pavillonnaires aux portes de la ville, ce qui consommerait de la surface agricole.

Il en résulte que les habitants de Shanghai rencontrent (outre la difficulté à obtenir une plaque) des difficultés s’ils souhaitent acquérir une voiture. L’impossibilité d’étendre géographiquement la ville implique notamment un manque d’emplacements de stationnement (parkings ou garages).

En outre, à Shanghai, les taxis sont particulièrement nombreux. Leur nombre n’est pas limité (contrairement aux voitures particulières) et le gouvernement leur accorde des aides pour financer le coût du carburant.

Du fait de cette nécessité pour Shanghai (mais aussi pour d’autres mégapoles chinoises) de limiter l’accroissement de son parc automobile, les villes de rang 3 ou 4 sont le nouvel eldorado en Chine. Les plaques d’immatriculations y sont moins chères et le taux de motorisation est encore faible, ce qui laisse un potentiel de développement très important.

Cindy Lavrut