Le point sur la libéralisation des trajets longue distance en autobus en Allemagne

Depuis janvier 2013, en Allemagne, les liaisons interrégionales et internationales (principalement vers l’Europe de l’Est et du Sud) en autobus sont ouvertes à la concurrence.

Jusqu’alors, seule la Deutsche Bahn (société ferroviaire allemande) et quelques sociétés créées avant la Chute du Mur pour relier la RFA et la RDA étaient autorisées à transporter des passagers d’un Land à l’autre. Cette limitation était due à une ancienne loi de 1935 interdisant les liaisons en bus s’il y avait déjà une autre option disponible (comme le train ou des bus régionaux avec des correspondances).

Désormais, toutes les sociétés peuvent se lancer sur le marché des autobus longue distance, à condition qu’il y ait au moins 50 km entre chaque destination et que le bus circule au moins pendant une heure entre deux arrêts.

En un an, le nombre de liaisons a triplé, avec 221 destinations disponibles. En outre, près de 15 opérateurs proposent des trajets longue distance. Le marché des trajets longue distance en bus représente un chiffre d’affaires estimé à 5 milliards d’euros. Toutefois, le marché évolue rapidement, car les petits opérateurs disparaissent ou fusionnent avec des entreprises plus importantes.

Le premier opérateur allemand est MeinFernBus, qui dispose d’une part de marché de 40 %. Il a transporté 2,7 millions de passagers en 2013. Des opérateurs étrangers se sont lancés sur le marché allemand, notamment le Britannique National Express, qui propose des trajets sous le nom de City2City.

L’autobus longue distance est certes moins cher que le train, mais les trajets sont plus longs. Donc ce moyen de transport est en concurrence plutôt avec l’autopartage qu’avec le train. En outre, la consommation de carburant est par passager est inférieure en bus (30 g de CO2 par personne et par km) qu’en train (45 g de CO2 par personne et par km) ou qu’en voiture.

Bien que ce marché soit en pleine expansion, le marché des transports longue distance en bus devrait se concentrer et à terme, seuls trois à quatre opérateurs devraient rester présents sur le marché.

Cette libéralisation du marché des bus longue distance a eu un impact sur les ventes d’autobus. En effet, les ventes ont augmenté de 13 % en 2013, à 5 830 unités (avec une progression quasiment tous les mois de 2013 et un bond de 55 % en décembre). En février 2014, les ventes de bus en Allemagne ont progressé de 38 % (à 382 unités). Alors qu’en 2012, le marché des autobus avait stagné à 5 139 unités et en 2011 il avait diminué de 3 % à 5 042 unités.

Cindy Lavrut