Le point sur la hausse des prix des voitures en Allemagne

Selon les chiffres du KBA (Office fédéral des Transports), le parc allemand de voitures particulières s’établissait à 43,4 millions d’unités fin 2012. A cette date, l’Allemagne comptait 80 523 700 habitants. La densité automobile s’établit donc à 530 voitures pour 1 000 habitants.

En 1980, le prix moyen d’une voiture s’élevait à 8 420 euros ; il est passé à 15 340 euros en 1990. Selon les calculs du centre de recherche automobile CAR de l’Université de Duisburg-Essen, le prix des voitures a atteint 26 446 euros en moyenne en 2012. Entre 1980 et 2012, cela représente une hausse de 214 %, soit une progression nettement plus élevée que l’inflation.

En effet, le prix des voitures a augmenté de 3,6 % par an entre 1980 et 2012, tandis que l’inflation s’est établie en moyenne à 2,2 % par an sur la période (voir le graphique ci-dessous). Sur la seule année 2012, l’inflation s’est établie à 1,9 %, tandis que le prix des voitures neuves a augmenté de 2,8 %. A l’exception de Dacia, Smart et Fiat, quasiment aucun constructeur ne propose une gamme dont les prix moyens sont inférieurs à 15 000 euros en Allemagne.
Toutefois, la hausse ? plus rapide que celle de l’inflation ? du prix moyen des voitures s’explique principalement par la nette progression en termes de qualité. En effet, les nouvelles technologies permettent de proposer des véhicules plus fiables, moins polluants, moins bruyants et plus confortables, alors que les produits de grande consommation restent d’une qualité globalement similaire d'année en année.

Il est ainsi difficile de comparer une voiture datant de 1980 à une voiture actuelle, qui dispose désormais de coussins gonflables, de systèmes d’assistance au freinage (ABS), ou encore de motorisations plus puissantes, tout en consommant moins de carburant. De plus, les voitures sont de plus en plus équipées de systèmes électroniques (pour la direction assistée, la climatisation, l’aide au stationnement, etc.).

En termes de sécurité, les voitures des années 1980 (sans coussin gonflable, sans ceinture de sécurité à l’arrière, sans aide au freinage ou encore sans aide au contrôle de la trajectoire) ne pourraient pas passer les contrôles techniques actuels. Au vu de ces améliorations, la hausse des prix moyens des voitures particulières se justifie.

En outre, les constructeurs d’automobiles sont particulièrement dépendants de la hausse des coûts des matières premières, qui influent sur le prix des voitures. De plus, la majorité des voitures vendues en Allemagne restent produites dans le pays, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour d’autres produits dont la qualité a nettement progressé depuis les années 1980 (téléphones portables, ordinateurs, etc.).

Néanmoins, la hausse des prix des voitures reste notable et se traduit notamment par un vieillissement des acheteurs d’automobiles neuves. En effet, en 1990, 27,9 % des acheteurs de voitures neuves avaient moins de 35 ans. En 2012, les automobilistes de cette tranche d’âge ne représentaient que 12,2 % des acheteurs.

Cindy Lavrut