Le point sur l’accord de libre-échange UE-Corée du Sud

Si les pleins effets de l'accord de libre-échange UE-Corée du Sud signé en 2011 ne seront connus qu’à l’élimination totale des droits de douane (cette élimination est progressive), les exportations des constructeurs européens vers la Corée du Sud ont déjà progressé de 27,7 % en 2012, à 2,5 milliards d’euros. Cela représente 95 000 véhicules exportés, contre 75 000 un an plus tôt. « Les exportations des constructeurs européens ont progressé indépendamment de l’accord », indique toutefois Erik Bergelin, responsable du commerce au sein de l’Acea (Association des constructeurs européens d’automobiles). « Elles sont tirées par la croissance des marques allemandes sur le marché sud-coréen et cette croissance avait démarré avant la signature de l’accord », souligne-t-il. Surtout, « l’industrie automobile européenne continue de rencontrer de gros problèmes en Corée du Sud avec notamment la création de nouvelles législations qui freinent nos exportations », déplore M. Bergelin.

Le gouvernement sud-coréen a par exemple mis en ?uvre après la signature de l’accord un nouveau régime de certification des pièces automobiles. Désormais, il impose le marquage KC (sud-coréen) et ne reconnaît pas comme certification alternative le marquage des Nations Unis (E-mark) sur actuellement 5 familles de pièces. Il est prévu que ce marquage coréen imposé soit étendu d'abord à 8 autres familles de pièces au 1er juillet 2014, puis à 10 autres familles en 2015. « Alors que le système actuel engendre déjà des coûts élevés pour l’industrie automobile européenne, cette extension à d’autres familles alourdit le fardeau pour les constructeurs », indique M. Bergelin, précisant que « la Commission européenne est en contact avec les autorités coréennes afin d’éviter cette extension ».

La Corée du Sud a en outre adopté une nouvelle législation sur le calcul des normes d’émissions des véhicules qui empêche mécaniquement l’acceptation de la norme européenne Euro-6 OBD, alors que l’accord prévoit qu’elle soit reconnue comme une alternative à la norme OBD coréenne (fondée sur la norme américaine). A ces nouvelles législations s’ajoutent celles qui existaient déjà avant l’accord, comme celle qui porte sur la largeur autorisée des véhicules en Corée du Sud (plus faible que dans l’UE) et celles qui sont en cours de discussion sur le recyclage des véhicules ou les objectifs d’émissions de CO2 pour 2020. L’Acea a alerté la Commission européenne a plusieurs reprises concernant ces problèmes. L’association lui a encore envoyé en novembre dernier un courrier listant ces différents problèmes, qui est restée pour le moment sans réponse (sauf sur la question du marquage des pièces). (AUTOACTU.COM°9/1/14)

Alexandra Frutos