Le point sur l'Industrie 4.0 en Allemagne

Dès 2006, l’Allemagne s’est interrogée sur le maintien de son leadership dans les biens d’intensité technologique moyenne et supérieure et a lancé le projet « Industrie 4.0 », pour leur stratégie high-tech.

Le terme « 4.0 » est explicite : une quatrième révolution industrielle est en marche, comparable à l’introduction de la machine à vapeur, de l’électricité ou de l’électronique.

Avec ce projet d’ « Industrie 4.0 », le gouvernement allemand veut être leader dans les nouvelles technologies, en devançant les entreprises informatiques et autres start-ups technologiques, telles que Google et Apple.

Le contrat de coalition entre la CDU-CSU et le SPD, signé le 17 décembre 2013, a d’ailleurs réaffirmé haut et fort cet objectif de leadership technologique, avec la volonté « d’occuper le champ Industrie 4.0 de manière active ».
Une des pièces maîtresses d’« Industrie 4.0 » réside dans la création d'une instance de maîtrise d'ouvrage, légère et éphémère, l’Union pour la recherche ({Forschungsunion}), composée de personnalités légitimes, tant dans le monde scientifique qu'industriel.

Le rôle de cette maîtrise d’ouvrage a été d'impulser un processus de travail en commun pour problématiser le sujet, le cadrer et émettre des recommandations.

Depuis sa présentation, en 2011 à la foire de Hanovre, le projet « Industrie 4.0 » s’est transformé en 2013 en une plate-forme « Industrie 4.0 », financée et pilotée par les trois grandes fédérations professionnelles de la machine-outil (VDMA), des technologies de l’information et de la communication (BITKOM) et des industries électriques (ZVEI).

Cette plate-forme coordonne désormais les axes de recherche et les différents projets pilotes.

Dans le domaine de l’automobile, le projet Industrie 4.0 soutient notamment le développement des véhicules connectés et autonomes.

Néanmoins, si le projet devrait permettre à l’Allemagne d’être leader sur les nouvelles technologies, l’aspect sociétal est plus compliqué. En effet, les entreprises de l’ « Industrie 4.0 » doivent mettre l’accent sur l’informatique, la numérisation et l’automatisation des tâches. Cette prédominance de l’ordinateur et des robots pourrait - selon des estimations - coûter jusqu’à 60 000 emplois en Allemagne. En effet, l’ « Industrie 4.0 » devrait créer 430 000 emplois spécialisés, mais 490 000 emplois moins qualifiés pourraient être supprimés.

Cindy Lavrut