Le pari réussi des grands équipementiers français en Chine

Loin de la morosité du marché automobile européen, les grands équipementiers français que sont Faurecia, Plastic Omnium et Valeo récoltent les fruits d’une stratégie d’internationalisation entamée depuis quelques années dans les pays émergents, notamment en Chine, où ils enregistrent une croissance dépassant toutes leurs attentes.

Plastic Omnium a fait une entrée tardive en Chine (premières usines en 2006), mais il a bénéficié de l’absence de grand concurrent international dans son principal métier, les pare-chocs. Il vise un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros en 2016, contre 475 millions en 2012 (soit 10 % de ses ventes mondiales, contre 15 % pour la France). « Le marché chinois devrait croître, en production, de 8 % à 10 % par an. Nous souhaitons aller deux fois plus vite », déclare Jean-Michel Szczerba, directeur général délégué du groupe. « En Chine, seuls 75 % des réservoirs sont en plastique, contre 95 % en Amérique du Nord ou en Europe. Nous allons profiter de la substitution du métal vers le plastique », plus légers et plus fiables, complète Laurent Burelle, président. L’équipementier prévoit de mettre en service sept nouvelles unités de production dans le pays d’ici à la fin de 2014, ce qui nécessitera un investissement de 200 millions d’euros sur deux ans. « Il faut seulement douze mois entre la prise de décision et la mise en activité d’un site en Chine, alors qu’ailleurs, c’est trois ou quatre ans », se félicite M. Burelle. Plastic Omnium va aussi ouvrir en juin un nouveau centre de recherche et développement dans la région de Shanghaï, qui regroupera 400 personnes dans un premier temps et 700 en 2014. Au total, le troisième équipementier français va investir 250 à 300 millions d’euros en Chine sur les quatre prochaines années, soit le quart de ses investissements mondiaux (1,2 milliard).
Valeo récolte lui aussi les fruits d’une stratégie d’investissement hors d’Europe audacieuse mise en ?uvre en plein c’ur de la crise en 2009, explique son président Jacques Aschenbroich. « L’Europe ne pèse désormais plus que 50 % de notre chiffre d’affaires, contre près de 70 % il y a quelques années. L’Asie représente déjà 27 % de nos revenus, contre 12 % il y a cinq ans », se félicite-t-il. « La Chine devrait être notre premier pays en termes de chiffre d’affaires en 2016 », ajoute-t-il, soulignant toutefois que « la France sera toujours le berceau de Valeo ». L’équipementier vise un chiffre d’affaires en Chine d’environ 1,5 milliard d’euros en 2015 (contre 1 milliard en 2012).

Faurecia souhaite quant à lui porter le nombre de ses usines en Chine de 34 actuellement à près de 55 en 2016. A cet horizon, son chiffre d’affaires dans le pays devrait dépasser 3 milliards d’euros, contre 1,5 milliard en 2012, indique le président de l’entreprise, Yann Delabrière. Faurecia vient par ailleurs de signer avec Changan un accord de coentreprise aux termes duquel la société baptisée CFAS développera et usinera, dans un premier temps, des produits d’intérieur de véhicules (cockpits, panneaux de portes, consoles, etc.). « Nous sommes des alliés dans la stratégie du gouvernement chinois de pousser les marques nationales, car celles-ci ont besoin de nos technologies pour s’affirmer, indique M. Delabrière. La Chine est désormais le premier marché mondial de Faurecia.

Alexandra Frutos