Le nouveau plan de relance d'Alfa Romeo sera-t-il le bon ? (1/2)

Début janvier, Fiat parvenait, après des mois de négociations, à prendre le contrôle intégral de Chrysler dont il était le principal actionnaire depuis 2009. Sergio Marchionne, directeur général du nouveau groupe Fiat Chrysler Automobiles (FCA) promettait alors de présenter un plan stratégique début mai. C'est chose faite après la longue réunion tenue cette semaine à Auburn Hills, près du siège de Chrysler. Un choix géographique qui montre que le centre de gravité du groupe a basculé vers les États-Unis, où Sergio Marchionne compte trouver plus facilement l'argent nécessaire pour atteindre ses objectifs.

Les objectifs révélés dans le plan stratégique de Fiat Chrysler sont jugés "trop ambitieux" par de nombreux analystes. Le groupe, qui prévoit notamment de passer d’un volume de ventes de 4,4 millions d’unités actuellement à 7 millions en 2018, compte investir 55 milliards d’euros sur la période pour mener à bien ses ambitions. Il en outre vise une progression de son chiffre d'affaires de 34 %, à 132 milliards d'euros. L'amélioration devrait être plus sensible encore en termes de rentabilité. Le groupe attend ainsi un résultat net compris entre 4,7 et 5,5 milliards d'euros en 2018. Il n'était que de 900 millions l'an dernier. La banque Nomura a publié une note estimant que "les prévisions de marché de Fiat sont trop élevées, ses anticipations de parts de marché irréalistes, ses objectifs de marge ne sont pas atteignables, et ses prévisions d’investissements trop faibles".

Si ce scepticisme est partagé, les analystes estiment toutefois que certaines marques du groupe devraient tirer leur épingle du jeu, notamment Maserati et Jeep, mais ce ne serait pas le cas pour Alfa Romeo ou la marque Fiat.

Pour autant, Alfa Romeo est en centre de la sratégique de FCA. Avec un plan de relance de 5 milliards d'euros, Alfa prépare sa renaissance. Ce plan, le quatrième en dix ans, prévoit notamment le lancement de huit nouveaux modèles entre 2015 et 2018, avec l’objectif de porter les ventes de 74 000 à 400 000 unités par an en l’espace de seulement trois ans. Le projet sera supervisé par deux dirigeants expérimentés provenant de Ferrari et 200 nouveaux ingénieurs seront recrutés pour porter les effectifs du bureau d’études à plus de 600 dès 2015.

Juliette Rodrigues