Le marché russe aurait touché le fond

Selon les données de l’AEB (Association des Affaires Européennes), les ventes de véhicules légers sur le marché russe ont reculé de 37,6 % en mai, à 125 801 unités, portant le volume pour les cinq premiers mois de l’année à 641 933 unités, en recul de 37,7 %. "La performance du marché en mai ne montre pas d’amélioration en apparence par rapport aux mois précédents. Mais l’activité globale des consommateurs révèle une légère reprise grâce à la baisse progressive des taux d’intérêts et à une baisse modérée des prix des voitures induite par un renforcement du rouble. Cette amélioration n’entraînera cependant pas un redressement fondamental du marché automobile, mais devrait permettre de ralentir la chute des ventes au cours des prochains mois", a déclaré le président du comité automobile de l’AEB, Joerg Schreiber.

L'agence Autostat va dans le même sens et estime que le marché russe devrait se maintenir le restant de l’année à des niveaux semblables à ceux enregistrés récemment (entre 110 000 et 130 000 unités par mois). "Je pense que le marché a touché le fond. Il n’y aura plus de chute significative, mais il n’y aura pas de reprise non plus", a indiqué Sergey Tselikov, directeur général de l’agence Autostat. Au final, "nous terminerons l’année 2015 avec un volume de 1,5 million d’unités", a-t-il ajouté, soit une baisse de 36 %

L’AEB compte revoir ses prévisions de marché pour l’ensemble de l’année 2015 à l’issue de la publication des résultats du mois de juin. L’Association tablait jusqu’ici sur une baisse de 24 % des ventes de voitures et de véhicules utilitaires légers en Russie cette année.

Guillaume Cartier, directeur des ventes de Nissan Europe, estime pour sa part que le marché russe s’établira à 1,7-1,9 million d’unités cette année, contre 2,5 millions en 2014 et plus de 2,7 millions en 2013. "C’est une baisse très importante. D’autant plus que nous étions nombreux à prévoir que le marché russe atteindrait rapidement les 3 millions d’unités", précise M. Cartier. Nissan, comme la plupart de ses concurrents, a été contraint d’augmenter ses prix de 20 % en Russie pour pallier la chute du rouble. "En Russie, nous évaluons notre performance en termes de pénétration. Nous avons 6,3 % du marché, ce qui est significatif", a expliqué M. Cartier. "Nous maintenons notre engagement en Russie, où nous avons lancé de nouveaux produits - Pathfinder, X-Trail, Sentra -, et nous pensons que le marché reprendra tôt ou tard sa croissance. Nous savons que ces marchés - émergents - ont la capacité de rebondir très vite", a conclu M. Cartier.

Carlos Ghosn, président de Renault-Nissan et président du conseil d’administration d’AvtoVAZ, a récemment indiqué que l’Alliance n’avait nullement l’intention du quitter le marché russe et qu’elle soutiendrait autant qu’elle le pourrait AvtoVAZ. AvtoVAZ devrait maintenir les investissements qu’il avait annoncés pour les cinq prochaines années, soit 2,93 milliards d’euros.

Toyota, qui a installé un nouvel atelier de carrosseries dans son usine de Saint-Pétersbourg et démarré la production de la nouvelle Camry sur le site en novembre 2014, maintient lui aussi son engagement en Russie et va continuer à moderniser ses installations. Le constructeur va notamment installer une nouvelle ligne de soudure entièrement robotisée d’ici au mois d’août et accueillir sur le site son fournisseur de portes et de sièges Toyota Boshoku. D’ici à la fin de 2015, les capacités de l’usine de Saint-Pétersbourg passeront de 50 000 à 100 000 unités par an. En 2016, Toyota commencera a y assembler ses tout terrain RAV4 à partir de collections CKD. Le projet permettra de recruter 600 personnes supplémentaires.

Juliette Rodrigues