Le marché marocain résistera-t-il à la crise ? (2/2)

Le fait est que le pays est traditionnellement arrimé à l’Europe de l’Ouest. Lorsque cette dernière s’enrhume, le Maroc éternue. Ses deux principaux partenaires, en l’occurrence la France et l’Espagne, souffrent. Ces deux contrées abritent une importante communauté de Marocains. Comme le reste de la population, ces derniers ne sont pas épargnés par la crise, ce qui a pour conséquence immédiate une baisse des transferts de devises vers leur pays d’origine et réduit donc le pouvoir d’achat des personnes qui bénéficient des ces rentrées d’argent.

Au Maroc, l’économie est elle aussi atone. L’octroi de crédits obéit désormais à des règles de plus en plus draconiennes. Dans ce contexte, changer ou acheter une voiture n’est plus une priorité. Les importateurs ont beau se livrer à une guerre des prix effrénée, l’automobile, qui pourtant n’a jamais été aussi accessible, redevient un rêve pour de nombreuses bourses. Dans de pareilles circonstances, les professionnels considèrent qu’il revient aux pouvoirs publics de stimuler le secteur. Or, la dernière loi de Finances peut être jugée décourageante, avec une hausse de l’ordre de 50 % des vignettes, des frais d’immatriculation et de la T.V.A. sur les automobiles dépassant 700 000 DH hors taxes (62 700 euros), associée à une augmentation sensible prix des carburants, notamment de l’essence. Les véhicules d’occasion ont eux aussi subi une décote impressionnante. Ces mesures contrebalancent le « cadeau » précédemment annoncé par le gouvernement marocain, à savoir des droits de douane à 0 % sur les véhicules fabriqués dans l’Union européenne.

Le Maroc reste un marché automobile d’avenir dans la mesure où le taux de motorisation y est encore faible (environ 88 voitures pour 1 000 habitants en 2012), mais les ventes de voitures ne reprendront leur croissance qu’à la faveur d’une relance de l’économie nationale et d’une volonté gouvernementale de soutenir le secteur. A cet égard, 600 millions de dirhams (54 millions d’euros) de contrats d’investissement ont été signés le 15 mai entre plusieurs équipementiers automobiles et le ministère marocain de l’Industrie, du Commerce et des nouvelles Technologies, à Rabat, ce qui devrait déboucher sur la création de 5 700 emplois.

Alexandra Frutos