Le marché du véhicule industriel pourrait à nouveau baisser en 2015

Le marché du véhicule industriel en France a reculé de 11 % entre octobre 2013 et octobre 2014 (alors que l'ensemble des pays européens ont connu une croissance de 11,6 %) et une nouvelle baisse est envisagée pour 2015, indique l'Observatoire du véhicule industriel de BNP Paribas. « En octobre, les immatriculations s'établissent à 39 820 unités, niveau qui ne s'était pas vu depuis début 2000 », détaille l'OVI dans un communiqué de presse.

L'Observatoire « constate que la situation conjoncturelle en France reste insuffisamment dynamique pour soutenir le transport routier, le BTP et le véhicule industriel. Depuis la crise, force est de constater que le marché [du] véhicule industriel s'est stabilisé à un niveau structurellement bas », souligne-t-il. Les carnets de commandes des distributeurs ont reculé de 7,1 % entre 2013 et 2014, « accusant ainsi une troisième année difficile », déplore cette étude. « Dans ce contexte, l'Observatoire du véhicule industriel envisage un marché toujours en baisse en 2015 du fait de carnets de commandes atones. [...] La fourchette basse est placée à 37 000 unités [...] et l'hypothèse haute à 39 000 véhicules », annonce-t-il.

La Csiam (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle) et le Bipe (cabinet de conseil en analyse stratégique et prospective économique) sont plus optimistes, espérant un léger rebond au-dessus des 40 000 immatriculations. Jean-Marc Diss, patron de Mercedes VI, veut croire à cette prévision. « La fin d’année 2014 est en effet plutôt encourageante, mais nous tablons sur un marché à 38 500 unités, car nous craignons que la santé précaire de nombreux transporteurs ne les incitent pas à investir », commente de son côté le représentant d’Iveco. Avec un pronostic à 40 000 unités, DAF estime être optimiste, mais mise sur son parc important de tracteurs de 2007-2008 à renouveler et sur les taux d’intérêt bas favorables à l’investissement. Jacques Bruneel, président de la branche VI du CNPA, croit en un « léger frémissement du marché en 2015 » et rappelle que les 44 T en Euro-3 ne pourront plus circuler dans leur configuration d’origine en octobre prochain, ce qui pourrait générer un peu d’activité.

Tous les professionnels s’accordent à dire que la croissance du marché, si elle a lieu, ne viendra pas des porteurs, qui seront encore touchés par la baisse du BTP, mais des tracteurs. (AFP 8/1/15, AUTOACTU.COM, ECHOS 9/1/15)

Alexandra Frutos