Le marché automobile européen n'est pas encore tiré d'affaire

« Le marché européen est inférieur de 19 % à son pic historique de ventes de 2007 », avec 18 millions de véhicules vendus l'an dernier, indique Alix Partners dans une étude parue aujourd’hui. A l'inverse, sur la même période, les immatriculations dans le monde entier ont progressé de 20 % à 83,2 millions.

Le nombre de véhicules légers vendus sur la planète pourrait grimper à 109 millions en 2023, sans que cette tendance ne profite vraiment à l'Europe, estime le cabinet. Les ventes devraient en effet y rester stables « du fait des problèmes économiques de la zone euro : stagnation des salaires, fort taux de chômage, et des tendances lourdes sur le long terme telle que les nouvelles habitudes de déplacement en milieu urbain ».

Le nombre d'usines sur le continent et donc la capacité de production des constructeurs d’automobiles restent trop importants au regard de leurs ventes actuelles et à venir, estime par ailleurs Alix Partners. Alors que dix usines ont été fermées en Amérique du Nord entre 2007 et 2013, sept l'ont été en Europe de l'Ouest, mais huit ont été ouvertes à l'Est. Pour Laurent Petizon, directeur général du cabinet de conseil, « il y a un déficit d'une dizaine d'usines non fermées » dans cette zone. Faute de fermeture de site, le taux d'utilisation des usines européennes devrait rester bas, ce qui signifie que les constructeurs continueront à produire à perte. En France, le taux moyen d'utilisation est passé de 77 % en 2007 à 70 % cette année. En Italie, il a dégringolé de 78 % à 46 %, tandis qu'il a reculé de 89 % à 82 % en Allemagne. Sur l’ensemble de l’Europe, le taux moyen d’utilisation des usines automobiles est de 71 %, bien loin du niveau de 80 % au-delà duquel elles sont rentables (Alix Partners estime que ce taux d e80 % ne sera pas atteint avant 2019), et bien loin du niveau de 92 % affiché en Amérique du Nord.

La croissance de l'automobile dans le monde continuera à être tirée par le Brésil, la Chine, l'Inde, la Russie et les Etats-Unis, prédit enfin Alix Partners. Ces cinq marchés devraient représenter à eux seuls 71 % de l'augmentation des ventes, dont 44 % juste pour la Chine. (AFP, FIGARO 1/7/14)

Alexandra Frutos