Le marché automobile brésilien vit une période de transition (1/2)

Le Brésil vit une période de transition ; le pays est en train de passer d'un marché automobile de quatre marques à un marché de quarante marques. Pour la première fois, les quatre constructeurs traditionnels (Fiat, Volkswagen, General Motors et Ford) n'ont pas réussi à accaparer ensemble 70 % des ventes de voitures neuves au Brésil (chiffres du premier quadrimestre de 2013). Et la tendance est irréversible.

Aujourd'hui, les "nouvelles" marques commencent à opérer sur le segment le plus important du marché, celui des petites voitures, ouvrant ainsi la voie à une augmentation de leurs volumes de ventes et donc de leur pénétration. On observe que les trois marques les mieux placées au classement des meilleures ventes, après les quatre principales, sont, de fait, celles qui proposent dans leurs catalogues de produits, des voitures dans la tranche de prix des 30 000 réals (11 200 euros) : Hyundai (classée cinquième), Renault (sixième) et Toyota (septième). La première à faire son entrée sur ce segment, Renault, a pendant longtemps dominé le classement des "nouvelles marques", précisément grâce à sa Clio. Depuis, Hyundai lui a emboîté le pas, avec sa HB20, produite à Piracicaba. Toyota a suivi, avec l'Etios, lancée fin 2012 et fabriquée à Sorocaba.

Ce contexte témoigne des changements profonds que connaît le marché brésilien et des mutations qui se profilent ; les prochaines années devraient en effet voir l'émergence d'une seconde vague de nouvelles marques, avec l'arrivée des Chinois, JAC et Chery notamment, qui vont produire localement (en plus de les vendre) des petites voitures d'entrée de gamme.

La croissance du marché brésilien s'accompagne d'une augmentation des exigences du consommateur qui, entre autres choses, a cessé d'être fidèle à une marque comme c'était le cas il y a vingt ans. Chacune des quatre marques "traditionnelles" avait des caractéristiques qui lui valaient d'être encensée par ses clients : Volkswagen était la voiture facile à entretenir (tous les garages pouvaient les réparer) ; Fiat était la voiture "intelligente" (petite à l'extérieur, grande à l'intérieur) ; Ford était la marque qui offrait les meilleures finitions ; et GM était la voiture "robuste", que l'on gardait toute une vie.

Aujourd'hui, le consommateur brésilien est le plus infidèle au monde. Une enquête réalisée par Motorpress indique que seulement 9 % des Brésiliens choisiraient, lors d'un prochain achat, la même marque que leur voiture actuelle. Seule la Chine présente un taux d'infidélité comparable.

Juliette Rodrigues