Le marché automobile américain va continuer de croître

IHS Automotive prévoit que le marché automobile américain va encore augmenter au cours des deux prochaines années avant de repartir à la baisse en raison de la hausse des taux d’intérêt et des prix des véhicules.Aujourd’hui, le prix bas des carburants, la confiance des consommateurs, le dynamisme du marché du logement et les conditions favorables des crédits automobiles se combinent pour porter les ventes de véhicules à un niveau supérieur aux attentes, indique Charles Chesbrough, économiste principal du cabinet de recherche. « Le marché automobile apparaît très très robuste », ajoute M. Chesbrough.En 2014, le marché automobile américain s’est établi à 16,5 millions d’unités (+ 6 %). IHS estime qu’il atteindra 17,3 millions d’unités cette année, puis 17,8 millions d’unités en 2016, avant de culminer à 18,2 millions d’unités en 2017. Le précédent pic sur le marché américain avait été atteint en 2000, avec 17,4 millions de véhicules vendus. D’autres analystes partagent l’optimisme d’IHS. Lacey Place, économiste en chef d’Edmunds.com, juge qu’un pic dans la partie basse des 18 millions d’unités n’est « pas déraisonnable ». John Murphy, un analyste de Bank of America Merrill Lynch, avait prédit l’an dernier que le marché automobile américain franchirait la barre des 18 millions d’unités d’ici à 2018.Les ventes de véhicules neufs aux Etats-Unis sont tirées en partie par le lancement de nouveaux modèles. Selon Stephanie Brinkley, d’IHS, 76 nouveaux véhicules devraient être introduits sur le marché l’an prochain et 74 en 2017, contre une cinquantaine cette année. Un autre facteur important est la disponibilité du crédit pour les prêts automobiles. La durée moyenne des prêts est actuellement de cinq ans et cinq mois à un taux de 4,3 %, ce qui permet aux acheteurs de dépenser plus pour un véhicule neuf. Le prix moyen acquitté est de 27 272 dollars. « Cela nous place dans une situation très favorable aujourd’hui, mais nous mettra dans une situation dangereuse lorsque la Réserve fédérale va commencer à relever les taux d’intérêt. Le coût d’emprunt augmentera fortement », avertit M. Chesbrough.IHS anticipe des vents contraires de 2017 à 2020. La durée des prêts augmente depuis 2012, et une hausse des taux d’intérêt se profile qui va renchérir le coût du crédit. Des technologies coûteuses pour satisfaire aux normes d’émissions et de consommation pourraient également accroître le prix des véhicules. Ces deux facteurs devraient avoir un impact négatif sur la demande, estime IHS.

Frédérique Payneau