Le malus automobile n’a rapporté que 121,5 millions d’euros au premier semestre

Le malus automobile n’a rapporté que 121,5 millions d’euros au premier semestre, en raison de la chute de 42 % des ventes de véhicules émettant plus de 136 g de CO2 par km. Les véhicules malussés n’ont représenté que 17 % des immatriculations sur les six premiers mois de 2013, en baisse de 10 points.

La collecte du malus est nettement inférieure à la prévision du gouvernement, qui espérait 403,6 millions pour l’ensemble de l’année. Cette faiblesse est due à la fois à une mauvaise anticipation du nombre de véhicules concernés et à un « malus moyen » qui avait été surestimé. Ainsi, les prévisions budgétaires tablaient sur 18,1 % des véhicules (17 % en réalité au premier semestre) malussés. Surtout, le malus moyen prévu était de 1204,7 euros ; en réalité, il n’a atteint que de 743 euros au premier semestre.

Côté dépenses pour l’Etat, les bonus pour les véhicules thermiques (200 euros et 550 euros) ont été largement sous-estimés ; à l’inverse, les bonus pour les véhicules hybrides et électriques ont été surestimés. Ainsi sur le premier semestre, la dépense pour les bonus des véhicules thermiques s’est élevée à 86,5 millions d’euros ; celle pour les véhicules électriques et hybrides a représenté environ 110 millions d’euros, dont 51 millions d’euros pour les véhicules électriques.

Les immatriculations des véhicules bonussés à 550 euros (61 à 90 g/km), qui ont déjà atteint 64 351 véhicules au premier semestre (le volume de cette catégorie a été multiplié par 3), ont déjà dépassé le volume que le gouvernement avait prévu sur l’ensemble de l’année (57 185 véhicules). Au total, cette catégorie a déjà coûté 35 millions d’euros (soit donc plus que la prévision budgétaire annuelle, qui était de 31,5 millions). Avec 255 978 véhicules bénéficiaires du bonus de 200 euros sur le premier semestre (91 à 105 g/km), cette catégorie s’avère elle aussi plus coûteuse que prévu avec un budget de 51 millions d’euros (pour une prévision annuelle de 99,3 millions).

A l’issue du premier semestre, l’écart entre les recettes du malus (121,5 millions d’euros) et les dépenses pour le bonus (195 millions d’euros) serait déjà de 73,5 millions d’euros, calcule AUTOACTU.COM (4/7/13).

Quoi qu’il en soit, l’une des conséquences du dispositif de bonus-malus est que le marché automobile français est devenu l’un des plus vertueux de l’Union européenne (avec 117,58 g CO2/km en moyenne sur le premier trimestre de 2013), le troisième derrière le Danemark (114,45 g/km) et le Portugal (114,69 g/km). Ce résultat place l’Hexagone nettement en dessous de la moyenne européenne (127,48 g/km), l’Allemagne étant à l’inverse nettement supérieure à la moyenne (136,64 g/km). (ECHOS 4/7/13)

Alexandra Frutos