Le "low cost" est-il l'avenir de l'automobile ? (1/2)

La gamme "Entry" à bas coût de Renault, inaugurée en 2004 par la Dacia Logan, génère 40 % des ventes du groupe aujourd'hui, avec de fortes marges. Modèle le plus vendu du constructeur, le 4x4 Duster bat même des records en la matière. Renault prépare, avec son allié Nissan, la voiture à 5 000 puis à 3 000 euros. Face à cette réussite, ses concurrents, qui restaient naguère sceptiques sur la stratégie de Renault, développent aussi leurs propres véhicules à bas prix.

La gamme "Entry", commercialisée en Europe et en Afrique du nord sous le label roumain Dacia, ailleurs sous la marque au losange elle-même, devrait dépasser le million de ventes cette année, contre 953 000 en 2012. Fiat avait bien tenté, dans les années 1990, de faire une « world car » d'entrée de gamme, la Palio. Sortie en 1997 et suivie de ses dérivés Siena ou Strada (pick-up), cette gamme n'a vraiment remporté de succès qu'en Amérique du Sud, avec une production au Brésil (470 .000 unités l'an dernier). On est donc très loin du concept d'une gamme universelle comme l'"Entry" de Renault. Le Coréen Hyundai-Kia et le Japonais Suzuki commercialisent également des modèles peu onéreux sur certains marchés comme l'Inde, mais ces véhicules n'ont pas une vocation mondiale, tandis que les Toyota Etios et Honda City ne sont pas exactement des modèles à bas coût. De plus, à l'instar de leurs concurrents, ces véhicules restent cantonnés à quelques pays émergents spécifiques. Enfin, Chevrolet (GM) propose certes une palette de véhicules moins chers que ceux des différents constructeurs généralistes, mais ces modèles sont nettement plus chers que les Dacia Logan et Sandero.

De son côté, Volkswagen, ayant réussi la montée en gamme progressive du Tchèque Skoda, songe bel et bien à concurrencer Dacia avec un nouveau label bas de gamme. "Nous travaillons sur un véhicule à bas prix, à des tarifs logiquement au-dessous de l'entrée de gamme actuelle de Volkswagen, soit moins de 80 000 yuans [environ 8 500 euros] en Chine. Avec une marque spécifique", confirmait fin avril 2013, au Salon de Shanghai, Christian Klingler, membre du directoire du groupe Volkswagen en charge des ventes. "La priorité, c'est la Chine, mais avec des déclinaisons régionales en Russie, en Amérique du Sud ou ailleurs dans les pays émergents. Cette marque viendra-t-elle en Europe de l'Ouest ? Il ne faut jamais dire non. Mais ce n'est pas prévu a priori", soulignait le dirigeant. Volkswagen s'inspire-t-il de Renault ? "On regarde ce que l'on peut apprendre", reconnaissait laconiquement Christian Klingler, ajoutant : "Renault s'est très bien adapté avec les véhicules à bas coût". Le futur véhicule low cost de Volkswagen ne devrait pas, toutefois, être lancé avant 2016, selon les récentes affirmations d'Ulrich Hackenberg, directeur de la recherche et du développement de Volkswagen passé aujourd'hui chez Audi.

Juliette Rodrigues