Le gouvernement voit les voitures autonomes dans la circulation ordinaire « entre 2030 et 2060 »

En marge du Congrès des Systèmes de Transports Intelligents (ITS) qui s'est ouvert le 5 octobre à Bordeaux, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a estimé que les voitures autonomes ne se généraliseraient pas avant un certain temps, mais qu’elles se multiplieraient en circuits fermés « captifs » (campus, aéroports, etc.) dans les prochaines années. « Il n'y a pas d'échéancier fixe. On est aujourd'hui dans la phase d'expérimentation, puis après, l'expérimentation sur route. Ensuite, il faut qu'il y ait une phase de régulation, c'est-à-dire de règles juridiques au niveau international, qui seront les règles de sécurité de la circulation des véhicules autonomes », a-t-il expliqué. « Cette législation ne peut pas être franco-française. Donc, il y a forcément une discussion à avoir au niveau européen, en réalité au niveau mondial, sur ?comment on fait pour insérer dans la circulation ce type de véhicule? », a ajouté M. Vidalies. « En l'état de la situation, cela varie de 2030 à 2060 » pour voir ces voitures autonomes dans la circulation ordinaire, a-t-il estimé.

Peu importe la date au fond, « puisqu'on sait qu'en réalité c'est inscrit dans cet avenir », a ajouté le secrétaire d'Etat, prédisant qu'en premier se généraliseront les « véhicules connectés » à l'environnement, intégrant une foule d'informations extérieures (état du trafic, une anomalie, un piéton, un accident, etc.).

Pour la Commissaire européenne aux Transports Violeta Bulc, on devrait voir se généraliser « d'ici 4 à 5 ans » les véhicules autonomes sans chauffeur « dans des environnements contrôlés, par exemple des aéroports, des ports, des campus, des lieux où l'on peut réellement contrôler les mouvements du véhicule ». Mais Mme Bulc a convenu qu'il faudra, avant de voir ces véhicules en circulation ordinaire, examiner d'importantes questions « de sécurité, de normes, de protection des données », et « quelques années de plus pour mettre en place un cadre législatif ». Il faudra aussi intégrer « le cycle de dépréciation des infrastructures, car les changer requerra d'énormes investissements », a-t-elle souligné. Elle a estimé qu'il faudrait donc « 10-15 ans » avant que les véhicules autonomes n'apparaissent dans la vie de tous les jours.

Le Congrès ITS réunit quelque 3 500 congressistes, dont des ministres des Transports ou délégués de 32 pays, qui devaient tenir une table ronde, présidée par Mme Bulc et M. Vidalies, sur l'apport des transports intelligents à la lutte contre le réchauffement climatique. (AFP 5/10/15)

Alexandra Frutos