Le coup de frein du marché russe en 2013 marque-t-il la fin d'un cycle de croissance ? (1/2)

Après plusieurs années de croissance spectaculaire, le marché automobile russe, le deuxième en Europe après l'Allemagne, a subi un brusque repli l'an dernier et les constructeurs restent prudents pour 2014. Les ventes de véhicules légers dans le pays ont reculé de 5,5 % en 2013, à 2,78 millions d'unités, selon les chiffres de l'AEB (Association des affaires européennes). Ces résultats contrastent très nettement avec ceux de 2012, quand les ventes avaient bondi de 11 %, atteignant le niveau record de 2,93 millions d'unités et attisant les convoitises des constructeurs occidentaux en mal de croissance.

Entre-temps, l'économie russe a subi un net coup de frein, rendant les ménages réticents à effectuer de grosses dépenses. Le gouvernement estime que le pays est entré dans une période de "stagnation" avec une croissance insuffisante au vu des besoins de modernisation. La Russie n'est pas le seul pays émergent à subir un contre-coup, le Brésil ayant vu ses ventes automobiles baisser de 0,9 % l'an passé, après un record en 2012.

L'AEB a reconnu que l'année n'avait "pas été simple" et que la période de mai à octobre avait été "particulièrement difficile".
"Depuis nous voyons des signes de stabilisation qui se sont transformés en petite hausse à la grande surprise de nos membres", a-t-il ajouté. Le mois de décembre a été marqué par un rebond de 4 % par rapport à la même période de 2012, à 264 000 unités environ, le marché renouant avec la croissance pour la première fois depuis février.

Pour 2014, les constructeurs membres de l'AEB sont divisés sur l'évolution du marché, prévoyant en moyenne une baisse de 1,6 % à 2,73 millions d'unités. "A l'intérieur de la Russie, on voit peu de catalyseurs de croissance, (...) mais pas de raison de dégradation non plus", a estimé Jorg Schreiber, président du comité des constructeurs d'automobiles de l'AEB.

Juliette Rodrigues