Le chiffre d’affaires de Michelin a reculé de 4,6 % au troisième trimestre

Confronté à des marchés en ralentissement, Michelin a revu à la baisse ses prévisions de croissance en annonçant le 22 octobre des ventes nettes mondiales en repli de 4,6 % au troisième trimestre, à 4,89 milliards d'euros. Le manufacturier, qui tablait jusqu'alors sur une hausse des volumes de 3 % pour 2014, a expliqué dans un communiqué qu'il ramenait sa perspective de croissance, conforme à l'évolution de ses marchés, « à l'intérieur d'une fourchette de 1 % à 2 % pour l'ensemble de l'année ». Il a aussi indiqué qu'il allait revoir à la baisse son programme d'investissements pour 2015 et 2016, même s'il est maintenu pour 2014 « autour de 2 milliards d'euros ». Michelin a en revanche confirmé l'objectif d'un « résultat opérationnel avant éléments non-récurrents en croissance hors effets devises » en 2014, ainsi que d'une « rentabilité des capitaux employés supérieure à 11 % et d'une génération d'un cash flow libre structurel supérieur à 500 millions d'euros ».

Sur les neuf premiers mois de l’année, le recul des ventes est de 4,7 %, à 14,55 milliards d'euros. Ces résultats s'expliquent en grande partie par des parités de change défavorables, Michelin invoquant « la hausse de l'euro, notamment par rapport au dollar américain, au real brésilien, au dollar canadien et au peso argentin ». Une tendance qui s'est toutefois inversée « à compter de septembre avec le recul de l'euro face au dollar américain », ajoute le groupe.

Pointant aussi un « ralentissement des marchés observé depuis le 2ème trimestre », le manufacturier espère « ajuster le pilotage de ses coûts, tout en bénéficiant de parités plus favorables » d'ici à la fin de l'année. L'entreprise remarque que les volumes vendus ont progressé de 1 % depuis le début de 2014, fruit de « la bonne résistance des parts de marché à la marque Michelin en [pneus] tourisme, camionnette et poids lourd, ainsi que la hausse des activités de génie civil première monte et infrastructure et la poursuite du déstockage des pneus miniers ».

Les ventes de pneus de tourisme, qui représentent plus de la moitié des ventes nettes de Michelin (7,7 milliards d’euros sur 14,55), ont baissé de 3,3 % depuis le début de l’année. Très contrastée, la variation des ventes de première monte sur les voitures de tourisme et les camionnettes traduit la reprise des marchés européen (+ 4 %) et nord-américain (+ 5 %), ainsi que la poursuite de la croissance en Asie (+ 6 %). L'Europe ferait encore mieux si les marchés d'Europe orientale n'étaient pas « en recul de 8 % sur neuf mois », conséquence d'un « contexte géopolitique difficile », à savoir la crise russo-ukrainienne et les sanctions économiques contre Moscou, souligne le groupe.

La zone regroupant chez Michelin l'Afrique, l'Inde et le Moyen-Orient a reculé de 2 % et l'Amérique du Sud s'est effondrée de 18 %, en raison d’un « accès au crédit plus restreint et [d’]un recul de la confiance des consommateurs au Brésil », ainsi que des « mesures économiques et fiscales décidées en Argentine », note l'entreprise.

Sur neuf mois, l'activité « remplacement » pour les voitures de tourisme a quant à elle progressé dans toutes les zones géographiques, de 3 % à 5 %.

Représentant un peu plus d'un tiers de l'activité sur neuf mois (4,5 milliard d'euros), les ventes de pneus pour poids lourd ont subi un net recul, de 5,8 %. Là encore, cette situation est en partie due à la situation en Europe orientale : les ventes de pneus en première monte s'y sont effondrées de 35 %. Et en Asie du sud-est, la demande a chuté de 25 % « en raison des arrêts de production liés à la situation politique en Thaïlande », théâtre d'un coup d'Etat.

Enfin, les activités liées aux véhicules spéciaux (engins de terrassement, deux roues, avions) ont reculé de 7,3 %, à 2,3 milliards d'euros sur neuf mois. (AFP 22/10/14)

Alexandra Frutos