Le bénéfice net de Michelin a reculé de 8,5 % en 2014

Le bénéfice net de Michelin a reculé de 8,5 % en 2014, à 1,03 milliard d'euros, en raison de marchés « peu porteurs, à l'exception de l'Amérique du Nord et de la Chine ». Les ventes nettes du manufacturier ont également enregistré un repli l'année dernière (- 3,5 %, à 19,55 milliards d'euros), mais le résultat opérationnel après éléments non récurrents a légèrement progressé, de même que les volumes vendus (+ 0,7 %). La génération de flux de trésorerie disponible (free cash flow) chez Michelin a été de 322 millions d'euros en 2014, contre 1,15 milliard en 2013, tandis que l'endettement net est passé dans le même temps de 142 à 707 millions d'euros.

La baisse du chiffre d'affaires, qui était prévue par les analystes malgré la croissance des volumes, s'explique notamment, d’après Michelin, par « un effet de change défavorable de 304 millions d'euros et un écart de périmètre de 75 millions ». Ce dernier effet est dû à « l'évolution de l'euro par rapport au dollar américain, fortement défavorable jusqu'à l'été », avant inversion à partir de septembre, ainsi qu’à « la hausse de l'euro, globalement défavorable, par rapport au real brésilien, au rouble russe, au peso argentin et au dollar canadien ». Le groupe souligne aussi qu'il a subi une évolution des prix négative à hauteur de 596 millions d'euros, et qu'environ « 35 % correspondent aux ajustements liés aux clauses d'indexation sur les coûts des matières premières ». La génération de flux de trésorerie disponible (cash flow libre) chez Michelin a été de 322 millions d'euros en 2014, contre 1,15 milliard en 2013, tandis que l'endettement net est passé dans le même temps de 142 à 707 millions d'euros. Le ratio d'endettement est resté très bas, à 7 %.

Pour le président de Michelin, Jean-Dominique Senard, ces résultats « confirment la solidité des fondamentaux du groupe », qui table pour 2015 sur une croissance « en ligne avec l'évolution mondiale des marchés sur lesquels il opère ». Mais le dirigeant a aussi annoncé une accélération du « plan de compétitivité » 2012-2016, dont l'objectif d'économies passe de 1 à 1,2 milliard d'euros sur la période.

Les ventes en volumes de pneumatiques « tourisme et camionnette », qui représentent plus de la moitié de l'activité, ont progressé de 3 % en première monte et de 4 % en remplacement l’an dernier, avec des situations contrastées selon les continents, notamment ? 16 % en première monte en Amérique du Sud, où les marchés automobiles brésilien et argentin se sont effondrés. En Europe, la demande en première monte a augmenté de 3 % au total, fruit de données très différentes entre l'Est et l'Ouest. Conformément à la hausse du marché dans l'UE, les ventes en Europe occidentale ont ainsi crû de 5 %, mais elles ont baissé de 12 % en Europe orientale, « dans un contexte géopolitique et économique difficile », c'est-à-dire la crise ukrainienne.

Cet effet est encore plus prégnant dans le domaine des pneus pour poids-lourds, où la contraction du nombre d'unités vendues en Europe en première monte est de 9 %, tirée à la baisse par l'Europe orientale (-35 %). La chute a également été brutale en Amérique du sud (- 21 %). A l'échelle mondiale, ce secteur a reculé de 1 %.

Pour 2015, outre une croissance « en ligne avec les marchés », Michelin vise « un résultat opérationnel avant éléments non récurrents en croissance au delà de l'effet de change, une rentabilité des capitaux employés supérieure à 11 % et la génération d'un cash-flow libre structurel d'environ 700 millions d'euros, en parallèle du programme d'investissement de 1,7 à 1,8 milliards d'euros ». (AFP 10/2/15)

Alexandra Frutos