Le bénéfice de Michelin bondit malgré la hausse des matières premières

Le bénéfice net de Michelin a bondi de 12 % au premier semestre de 2017, à 863 millions d'euros, malgré une hausse des prix des matières premières qui a coûté 186 millions au groupe au cours de ces six mois. Le manufacturier a toutefois pu réduire l'impact initial de cette hausse des tarifs, qui était de 331 millions d’euros, en augmentant les prix de certains de ses produits.

« Le groupe présente de bons résultats sur le premier semestre », a commenté Marc Henry, directeur financier de Michelin, lors d'une conférence téléphonique. « La première [raison] est que nous avons su repositionner nos prix dans un contexte de hausse des prix des matières premières », depuis fin 2016, a-t-il expliqué.

Au second semestre, la croissance devrait être tirée par la hausse des prix, à partir du 1er juillet, des activités indexées de Michelin, comme le génie civil. Ces prix augmentent ou diminuent mécaniquement selon l'évolution des cours des matières premières, mais avec un décalage de trois à six mois. Le groupe clermontois estime toutefois que cette hausse des prix du caoutchouc pourrait le pénaliser à hauteur de 800 millions d'euros pour l'ensemble de l'année.

Les ventes nettes ont atteint 11 milliards d'euros sur les six premiers mois de l’année, en hausse de 7,5 % par rapport à la même période de 2016. Elles ont notamment bénéficié de « l'effet favorable » de la hausse des volumes pour 372 millions d'euros, ainsi que de l'intégration de Levorin, producteur brésilien de pneumatiques pour deux-roues, qui a apporté 52 millions d'euros, précise Michelin dans un communiqué de presse.

La croissance des volumes au premier semestre a été de 4,1 % (+ 3,6 % à périmètre constant). Elle a été particulièrement élevée pour les activités de spécialité - pneus génie civil, agricole, avion et deux-roues - où elle est « liée à la poursuite du rebond de la demande de pneus miniers du groupe et à la nette reprise des activités première monte génie civil et agricole ». Michelin a également bénéficié d'effets de change favorables, à hauteur de 198 millions d'euros.

« La bonne performance de Michelin, comparée à un premier semestre 2016 élevé, est conforme à sa feuille de route à l'horizon 2020 », soit une hausse des ventes nettes de 20 % par rapport à 2015 et une rentabilité des capitaux employés de 15 %, contre 12,1 % en 2016, a déclaré le président de Michelin Jean-Dominique Senard, cité dans le communiqué. « Nous confirmons aujourd'hui les perspectives que nous avions dessinées pour 2017, avec un second semestre qui bénéficiera de l'amélioration de rentabilité issue des hausses de prix », a-t-il ajouté.

Michelin vise, pour 2017, une croissance des volumes en ligne avec l'évolution mondiale des marchés, un flux de trésorerie libre structurel supérieur à 900 millions d'euros et un résultat opérationnel sur activités courantes (hors effets de changes) supérieur à celui de 2016, qui s'élevait à 2,69 milliards d'euros. La rentabilité du groupe est toutefois en recul au premier semestre, puisque le résultat opérationnel sur activités courantes a baissé de 0,8 % au premier semestre, à 1,39 milliard d'euros, soit 12,6 % des ventes nettes, contre 13,7 % un an plus tôt. Par ailleurs, l'endettement net est remonté à 1,6 milliards d'euros fin juin, contre 944 millions en fin d'année dernière et 1,7 milliard à l'issue du premier semestre de 2016.

Michelin avait annoncé en juin la suppression de 1 500 emplois dans l'Hexagone et près de 500 aux Etats-Unis, sans départ contraint, au gré d'une réorganisation au niveau mondial qui concentrera ses sites français sur des emplois à forte valeur ajoutée. (AFP 25/7/17)

Alexandra Frutos