Le Royaume-Uni va investir massivement dans ses infrastructures

Le Secrétaire au Trésor britannique, Danny Alexander, a détaillé le 27 juin à la Chambre des Communes un plan d’investissements de plus de 100 milliards de livres (environ 116 milliards d'euros) dans des projets d’infrastructures jusqu’en 2020.

Le gouvernement espère grâce à ces projets stimuler la reprise économique. M. Alexander a en outre souligné la nécessité d’un plan d’investissement à long terme dans les infrastructures pour que la Grande-Bretagne soit compétitive au niveau mondial.

Avec plus de 70 milliards de livres, les transports se taillent la part du lion. Les fonds alloués aux routes sont les plus importants depuis les années 1970, a affirmé M. Alexander. 28 milliards de livres doivent être investis entre 2014 et 2020 pour améliorer et entretenir le réseau routier national et local. 30 milliards de livres seront par ailleurs alloués au rail, ce qui fait de la coalition au pouvoir « le gouvernement le plus pro-rail de l’histoire récente », a indiqué le secrétaire au Trésor. Les fonds restants seront consacrés notamment à la construction et la rénovation d'écoles et à la construction de logements abordables.

Les investissements annoncés peuvent contribuer à relancer l’économie britannique, si tant est toutefois qu’ils se concrétisent? Le gouvernement Cameron a en effet par deux fois déjà annoncé des plans d’envergure qui sont restés lettre morte. Le patronat a réagi avec prudence, attendant de juger sur pièces. « C'est le genre de plan audacieux et ambitieux que les entreprises voulaient depuis des années - mais l'époque des grandes annonces est révolu », a déclaré Katja Hall, une des responsables de la CBI, la confédération patronale. Richard Threlfall, responsable des infrastructures chez KPMG, a pour sa part observé que les quelque 20 milliards de livres de dépenses prévues par an entre 2015 et 2020 « représentent juste un peu plus de 1 % du PIB annuel attendu, et pour 2019 et 2020 ce sera moins d’1 % ». « La réalité, c’est que le Royaume-Uni consacre moins d’argent aux nouvelles infrastructures que ses concurrents dans le monde », a-t-il ajouté.

Frédérique Payneau