Le Premier ministre annonce 22 mesures pour la sécurité routière

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé le 2 octobre 22 mesures pour la sécurité routière, dont la plus emblématique est l'installation de nouveaux radars mais aussi, pour la première fois, de leurres. « L'objectif n'a pas changé, je l'ai fixé quand j'étais ministre de l'Intérieur » : il s'agit de revenir sous le seuil de « 2 000 personnes tuées sur les routes en 2020 », contre 3 384 en 2014, a déclaré le chef du gouvernement à la presse après un comité interministériel de Sécurité routière à Matignon, le premier en quatre ans.

Cinq cents nouveaux « vrais » radars vont être installés sur les routes françaises dans les trois ans qui viennent, portant leur nombre à 4 700. Des radars multifonctions permettront de détecter, outre les excès de vitesse, des franchissements de ligne, des non respects de distance de sécurité, etc. Mais en plus de ces radars, dans le même temps, plus de 10 000 faux appareils, des leurres, qui seront les premiers en France. L'objectif est de multiplier par quatre les « zones radars » qui existent dans le pays, que ces radars soient des vrais ou des leurres.

Parmi les autres principales mesures figure une expérimentation de drones pour détecter les « conduites à risques ». Et, concernant les motards, un contrôle technique obligatoire pour les deux-roues motorisés lorsqu'ils sont revendus, ainsi que le port de gants homologués.

Les tests salivaires pour détecter la conduite sous stupéfiants vont aussi être généralisés. Une amende de 650 euros pour les sociétés qui ne donnent pas l'identité de leur employé quand une infraction de la route est commise avec le véhicule de l'entreprise va par ailleurs être mise en place.

Le gouvernement veut inverser la courbe de la mortalité routière, qui a augmenté en 2014 pour la première fois en douze ans (+ 3,5 %). D'autant que, « sur les huit premiers mois de 2015 [...], le nombre de tués sur les routes est en augmentation, 99 de plus qu'en 2014 », a relevé M. Valls. « Ces chiffres sont inacceptables » et « exigeaient de prendre de nouvelles mesures fortes », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a souligné qu’il y avait une augmentation de la vitesse moyenne et des infractions au code de la route. « On est moins vigilants », a-t-il déploré, en appelant « à la responsabilité individuelle de chacun ».

Le gouvernement n'a donc pas opté pour la généralisation de l'abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur l'ensemble du réseau secondaire, réclamé notamment par la Ligue contre la violence routière. Mais la porte reste ouverte : « même si le renouvellement de la stratégie radars vise à faire respecter effectivement le 90 km/h, il faudra évaluer attentivement les résultats de l'expérimentation du 80 km/h » menée dans trois départements, a déclaré le Premier ministre.

Le plan de vendredi s'ajoute aux 26 mesures annoncées en janvier par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Saluant ces « mesures courageuses », comme « l'interdiction des oreillettes au volant », Manuel Valls a estimé que ce plan n'avait « pas pu encore produire tous ses effets ».

Un nouveau comité interministériel se tiendra dans un an. En matière de sécurité routière, les grandes mesures très efficaces comme la ceinture, l'ABS, les radars, ont déjà été prises. « Maintenant, c'est plus compliqué, il faut aller chercher les poches de vies », a résumé le délégué interministériel à la Sécurité routière Emmanuel Barbe. (AFP 2/10/15)

Alexandra Frutos