Le Nigeria, un nouveau terrain de conquête pour l’industrie automobile (1/2)

En dépit de nombreux problèmes qui restent à régler en matière de corruption, d'infrastructures sous-développées et d'insécurité, le Nigeria, premier pays d'Afrique par sa population (170 millions d'habitants) croit à un décollage économique avec un taux de croissance de 7,4 % escompté cette année (le pays est le premier producteur de pétrole d’Afrique). Le Nigeria pourrait même devenir la première économie africaine devant l’Afrique du Sud d’ici à quelques années.

Pour y parvenir, le pays doit notamment s’industrialiser, et le gouvernement nigérian a identifié l’automobile comme l’un des secteurs à exploiter. « Le Nigeria et le Bangladesh sont les seuls pays dans le top 10 mondial par leur population qui ne disposent pas d’une industrie automobile développée. Avec notre population (et une classe moyenne en progression avec 38 millions de personnes) et notre économie actuelle, notre marché automobile potentiel est d'environ un million de véhicules par an. Ceci est plus que suffisant pour soutenir une industrie automobile », explique le gouvernement nigérian dans un document officiel. En 2012, le Nigeria a importé 400 000 véhicules, dont 300 000 modèles d’occasion. Si ce marché se développe, sa localisation sur le continent ouvrira par ailleurs aux industriels un fort potentiel d’exportations régionales en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale.

Pour relancer son industrie automobile, laissée en friche depuis quelques années, le gouvernement nigérian a donc adopté l’an dernier un plan visant à attirer les constructeurs mondiaux (National Automotive Industry Development Plan). Dans le cadre de ce plan d’une durée de 10 ans (jusqu’en 2024), le Nigeria a relevé à 70 % ses droits de douane sur l’importation de véhicules, contre 20% auparavant. Par ailleurs, le gouvernement a réduit les taxes à l’importation (de 0 à 10 % selon les cas) sur les pièces destinées à être assemblées localement (pour les CKD). Les constructeurs produisant localement bénéficient enfin de droits de douane réduits (à 35 %) pour importer leurs véhicules en attendant que leur production atteigne une cadence suffisante.

Alexandra Frutos