Le Maroc, nouvelle base industrielle de PSA en Afrique

En annonçant, le 19 juin, l’implantation prochaine de sa première usine au Maroc, PSA Peugeot Citroën passe non seulement à l’offensive dans la zone Afrique-Moyen-Orient, mais il se dote aussi d’une base industrielle à faibles coûts qui pourrait s’avérer stratégique sur le long terme. Carlos Tavares, président de PSA, et Moulay Hafid El Alamy, ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique du Royaume du Maroc, ont signé un accord qui prévoit la construction d’une usine dans la Commune de Ameur Seflia, dans la Région de Kenitra. Cette unité, qui représente investissement industriel de 557 millions d’euros, assemblera dès 2019 des moteurs et des véhicules des segments B et C couvrant les besoins de la région et des clients marocains. Elle affichera une capacité de 90 000 moteurs et véhicules au démarrage, avant d’atteindre une production de 200 000 unités à terme. « La signature de cet accord permet de compléter le dispositif industriel existant au Nigéria, en cours de négociation en Iran et de préparer dès aujourd’hui les conditions de réalisation de l’ambition commerciale d’un million de véhicules sur la région Afrique - Moyen-Orient à l’horizon 2025. Il s’agit de marchés historiques pour le groupe, en particulier pour la marque Peugeot dont la notoriété est établie de longue date », a souligné le groupe français. Ce dernier entrevoit un potentiel de 8 millions de véhicules dans la région Afrique-Moyen-Orient dans dix ans. PSA y vise une part de marché de 12,5 % d’ici à 2025. « La région Afrique ? Moyen-Orient doit devenir un levier d’internationalisation rentable de notre plan Back in the Race », a d’ailleurs déclaré M. Tavares.

Après son retrait en 2011, PSA avait redémarré au second semestre 2014 l’assemblage de la berline 301 dans l’usine PAN Nigéria, à Kaduna. Le groupe français revendique également des positions fortes sur certains marchés (1er en Tunisie, 2ème au Maroc), tandis que la marque Peugeot est numéro 2 en Algérie. Sur le premier trimestre de 2015, les ventes du groupe ont bondi de 19 % dans la région Moyen-Orient-Afrique.
Le projet industriel marocain s'inscrit dans le projet du constructeur de faire de la région Afrique et Moyen-Orient « le troisième pilier de [sa] croissance » après l'Europe et la Chine, a précisé le constructeur. L'usine assemblera des moteurs et des véhicules du segment B et C, soit des voitures compactes et moyennes, le c’ur du marché marocain. « Cette unité industrielle atteindra une production de 200 000 unités à terme, lorsque la demande commerciale le justifiera », a déclaré PSA. L'usine devrait représenter 4 500 emplois directs à pleine charge et 20 000 emplois indirects, notamment chez les équipementiers, selon M. El Alamy, qui a par ailleurs évoqué un taux d'intégration de 60 %, voué à passer à 80 %.

M. Tavares a évoqué un « plan de croissance rentable » pour PSA, qui suivra l'actuel plan « Back in the Race » de reconstruction des fondamentaux de l'entreprise. Le groupe compte vendre 200 000 véhicules cette année dans la zone Afrique-Moyen-Orient et l'implantation au Maroc va y donner le coup d'envoi d'une « offensive commerciale », a souligné le dirigeant. PSA, a-t-il rappelé, entretient une « relation historique, pour ne pas dire affective » avec l'Afrique.

Comme Renault à Tanger, PSA va profiter à Kénitra d'une zone franche. La région va en outre s'équiper d'un port en eaux profondes, facilitant l'exportation de véhicules par voie maritime vers des pays africains ayant conclu des accords douaniers avec le Maroc.

M. Tavares a en outre confirmé que des discussions étaient en cours pour une implantation industrielle de PSA en Algérie.

Alexandra Frutos