Le Japon veut rattraper son retard dans les accords de libre-échange (2/2)

Entre Bruxelles et Tokyo, les motivations sont économiques : l'Union européenne voudrait disposer d'un meilleur accès au marché nippon aujourd'hui entravé de barrières non-tarifaires, tandis que le Japon souhaiterait réduire les taxes sur ses voitures et son électronique, afin que ses entreprises concourent à égalité sur le marché européen avec leurs rivales sud-coréennes. Mais du côté de Pékin et de son nouveau dirigeant Xi Jinping, il s'agit aussi de devancer la nouvelle ambition asiatique de Washington sous l'égide du président Barack Obama, pour des raisons sécuritaires, mais pas seulement. Il s'agit aussi d'éviter que les avancées du TPP en termes de commerce et d'investissement ne façonnent les règles internationales sur les décombres de l'échec du cycle de négociations multilatérales de Doha (OMC). « La Chine veut bâtir son propre cadre commercial avant que les Etats-Unis ne soient davantage présents en Asie », résume Shujiro Urata, professeur d'économie à l'Université de Waseda.

Reste que, si la volonté politique est là de tous côtés, des obstacles et des craintes demeurent, comme dans le secteur américain de l’automobile, qui redoute une déferlante de voitures japonaises. Les plus optimistes parient néanmoins sur l'effet d'entraînement que ces diverses négociations exerceront les unes sur les autres. Pékin ne pourra par exemple pas tolérer d'importantes avancées du TPP sans réagir, et vice-versa pour Washington.

Alexandra Frutos