Le Japon veut rattraper son retard dans les accords de libre-échange (1/2)

Une part importante du futur commerce mondial se noue autour du Japon, qui vient d'ouvrir trois vastes négociations de libre-échange, l’une avec les Etats-Unis dans le cadre du Partenariat transpacifique (TPP), l’autre avec l'Union européenne, et enfin une dernière avec la Chine et la Corée du Sud. Le Japon, qui est à la traîne des autres grandes puissances économiques en termes d'accord de libre-échange, a décidé de franchir trois Rubicon quasi simultanément, sous l'impulsion de son nouveau Premier ministre, le conservateur Shinzo Abe.

Le 15 mars, M. Abe a annoncé son intention de participer aux négociations du Partenariat transpacifique (TPP), qui ont pour but de créer la plus vaste zone mondiale de libre-échange entre onze pays riverains du vaste océan, douze en comptant le Japon, dont les Etats-Unis, ses voisins nord-américains, et des Etats d'Amérique du Sud et d'Asie du Sud-Est. « Il n'y a que le Japon, tourné vers lui-même, qui n'est pas entré dans une économie ouverte comme les pays émergents d'Asie ou l'Amérique », a souligné M. Abe. Souhaitée ardemment par Washington, la venue de Tokyo donne une ampleur toute autre à ce projet, qui pèse désormais 40 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Aussi les autres puissances en pourparler avec le Japon ont-elles accéléré le mouvement.

Dès le 25 mars, les présidents du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont décidé avec M. Abe de lancer une négociation de libre-échange UE-Japon, évoquée depuis des années entre ces deux puissances économiques représentant un tiers du PIB mondial. Le lendemain, c'est la Chine et la Corée du Sud qui ouvraient une discussion tripartite avec le Japon en vue de sceller un accord commercial (20 % du PIB mondial en cumulé).

Le coup d'envoi d'un quatrième processus pourrait être donné en mai entre le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les dix membres de l'Association des nations du sud-est asiatique (Asean).

Alexandra Frutos