Le GFI appelle le gouvernement à « déclencher » les investissements productifs

Le président du GFI (Groupe des fédérations industrielles) Frédéric Saint-Geours a appelé le gouvernement à adopter rapidement des mesures qui permettent d'accélérer les « investissements productifs » dans un secteur dont l'activité est « atone ». « Comme nous considérons qu'il est indispensable de faire redémarrer l'investissement industriel en France, pas uniquement pour l'industrie, mais pour l'ensemble de l'emploi, nous suggérons des mesures à prendre rapidement pour déclencher des investissements », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée le 14 octobre au Mondial de l'Automobile.

Même si l'activité industrielle est atone en ce moment en France, il existe « bien des facteurs positifs potentiels pour le déclenchement de cet investissement », a assuré le patron du GFI, appelant le gouvernement à agir dès à présent et à ne pas attendre que les effets du pacte de responsabilité se fassent sentir en 2017.

D’après une étude de l'institut Coe-Rexecode, l'effet du CICE a déjà permis à la France de ralentir la hausse du coût du travail et de devenir moins chère que l'Allemagne. Mais pour M. Saint-Geours, il faut aller plus loin et plus vite, afin de profiter des intentions d'investir en hausse auprès des industriels, alors que l'obsolescence de l'outil industriel français s'est accélérée, notamment par rapport à l'Allemagne, comme le constate la même étude.

« Il y a l'intention d'investir, mais aussi une demande de financement des entreprises auprès des banques en train de croître », a ajouté le patron des industriels, soulignant l'existence également « dans les tuyaux d'améliorations de marges et de simplification qui sont des éléments favorables au déclenchement », en allusion au Pacte de responsabilité.

M. Saint-Geours a exhorté le gouvernement de saisir cette opportunité pour adopter cinq mesures à court terme qui accompagneraient le pacte de responsabilité et qui pourraient être incluses dans le projet de loi de finances ou la loi d'activité préparée par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Pour le GFI, il s'agit de relancer l'investissement industriel en encourageant notamment le financement des infrastructures et en réduisant « la fiscalité de résultat pour favoriser l'investissement ». Dans le domaine de la fiscalité de la production, le secteur attend un allègement des taxes sur le foncier industriel ou encore une modération de la fiscalité locale. Pour abaisser le coût du travail, il appelle le gouvernement à poursuivre « l'allègement des cotisations sociales par la conversion du CICE en baisse de cotisations sociales » et des « accords de compétitivité offensifs ».

Le GFI estime que l'industrie doit bénéficier de prix de l'énergie compétitifs et « promouvoir la recherche et l'appréciation du potentiel » des hydrocarbures non-conventionnels, comme le gaz de schiste. Enfin, M. Saint-Geours a demandé au gouvernement de « rationaliser » les 34 plans de filières lancé par Arnaud Montebourg l'an dernier. (AFP 14/10/14)

Alexandra Frutos