Le FAA va mettre l’accent sur l’international et l’innovation

Dans un entretien accordé à AUTOACTU.COM (18/12/14), la directrice générale du FAA (Fonds d’avenir automobile) Catherine Dupont Gatelmand explique que « l’évolution des thèses d’investissement du FAA correspond à l’évolution du marché. C’est aujourd’hui que l’avenir se joue en misant sur l’innovation et l’internationalisation ». La réforme du FMEA (Fonds de modernisation des équipementiers automobiles), devenu FAA, s’accompagne d’une évolution de sa gouvernance avec notamment le remplacement du comité de sélection (composé des directions achats de PSA et Renault) et du comité d’investissement (composé des directions financières de PSA et Renault) par un unique comité consultatif (composé des directions financières des constructeurs) pour permettre un fonctionnement plus fluide. Dirigées par Mme Dupont Gatelmand, les équipes du FAA comptent trois directeurs d’investissement et deux chargés d’affaires qui seront prochainement rejoints par un chargé d’affaires supplémentaire.

Depuis 2 ans, le FMEA n’avait pas réalisé de nouvel investissement. « Nous avons réinvesti dans plusieurs de nos participations en les accompagnant notamment à l’international et en les aidant à pérenniser leur activité », indique Mme Dupont Gatelmand. « Le FMEA a agi conformément à la mission de consolidation qui lui était donnée, treize consolidations au total pour une trentaine de participations. Nous allons poursuivre en ce sens et nous mettrons également l’accent sur l’international et l’innovation comme l’a dit Nicolas Dufourcq. Nous avons des dossiers en cours dans le cadre de cette nouvelle philosophie », ajoute-t-elle.

C’est en effet à l’étranger que se joue l’avenir de l’industrie automobile et donc la pérennité des équipementiers français puisque, même si la production automobile française progresse légèrement en 2014, elle ne retrouvera pas le niveau de 2007. « La croissance est notamment en Asie et il est fondamental que les équipementiers français puissent fournir les marchés en croissance et suivre leurs donneurs d’ordres, qu’il s’agisse de constructeurs français ou étrangers. La thèse de l’internationalisation peut concerner soit des installations à l’étranger, soit des acquisitions à l’étranger, soit des projets de coentreprises. Tout est ouvert, pour donner accès aux entreprises aux marchés en croissance et élargir leur panel clients », explique la dirigeante.

L’autre axe de développement des investissements du FAA concernera le soutien à l’innovation. Depuis sa création, le FMEA a accompagné essentiellement des sociétés de transformation de la matière, mais le FAA souhaite désormais investir dans les nouvelles technologies. « Nous devons également accompagner des sociétés porteuses de nouvelles technologies pour assurer l’avenir de la filière automobile française, compte tenu de la révolution technologique en cours : nouvelles chaînes de traction, allègement, véhicule connecté et autonome. Nous avons dans ces domaines de très bonnes compétences en France », souligne Mme Dupont Gatelmand.

Le FAA dispose d’une capacité d’investissement de 230 millions d’euros. Il sera complété par la mise en place d’un prêt de développement baptisé « Avenir Automobile » qui sera dédié aux PME et ETI pour un montant de 100 millions d’euros. « Le prêt de développement Avenir Automobile va financer en particulier les ETI. Ce sont des prêts sur 7 ans avec 2 ans de différé qui permettront aux ETI de franchir des étapes décisives pour leur croissance », précise Catherine Dupont Gatelmand.

Ces financements dédiés à l'automobile s'inscrivent dans une stratégie globale de soutien de la filière. « Bpifrance est déjà présente dans la filière automobile avec un continuum de financement avec des aides à l’innovation, des prêts à court, moyen et long termes qui ont représenté 376 millions d’euros sur les 9 premiers mois de 2014, des financements en garantie pour 17 millions d’euros en 2014 et des prises de participation avec le FMEA et demain avec le FAA pour les entreprises qui ont besoin d’un accompagnement en fonds propres », précise la dirigeante.

Alexandra Frutos