Le Bhoutan s’appuie sur Renault-Nissan pour passer au tout électrique

Dans un logique de bien-être mais aussi d’indépendance énergétique, le Bhoutan, nation himalayenne de quelque 700 000 habitants, souhaite devenir le premier pays zéro émission au monde et envisage de faire passer tous ses véhicules à l’électrique. Le royaume a en effet de grosses capacités de production hydroélectrique et l’électricité est l’une de ses principales ressources (il tire en partie sa prospérité de l’exportation d’énergie, notamment à son voisin indien).

Renault Nissan croit au marché bhoutanais de la voiture électrique. Le président de l’Alliance Carlos Ghosn s’est rendu fin février dans le pays pour signer un premier accord sur une flotte d’une centaine de véhicules électriques, principalement des Nissan Leaf.

« Le royaume du Bhoutan est heureux de lancer ce partenariat avec Nissan, afin de devenir une nation pionnière des véhicules électriques », a déclaré le Premier ministre bhoutanais, Tshering Tobgay. Le dirigeant veut faire de l’usage des voitures électriques un vecteur du développement du pays et de son indépendance financière. « L’expérience de Nissan sera inestimable pour nous aider à créer des infrastructures pour le transport électrique », a-t-il souligné.

Carlos Ghosn a indiqué que Nissan allait « fournir des Leaf et des chargeurs rapides au Bhoutan, afin de montrer comment notre activité de véhicules électriques peut s’adapter aux marchés émergents riches en énergie propre ». Deux Leaf seront offertes au Bhoutan et d’autres équiperont la flotte du gouvernement et de taxis bhoutanais dans le cadre d’un accord financier dont les modalités n’ont pas été révélées. Les « chargeurs rapides » permettent de recharger la batterie d’une Leaf en une demi-heure, contre huit heures lorsqu’elle est branchée sur secteur.

Carlos Ghosn a par ailleurs indiqué que les ventes de véhicules électriques continuaient d’augmenter malgré un démarrage plus lent que prévu. « Je veux appuyer la volonté du Premier ministre bhoutanais de développer l’utilisation des véhicules électriques dans le pays. Le Bhoutan est l’un des rares pays à mettre en place les législations, réglementations et taxations nécessaires pour que le projet fonctionne », a-t-il déclaré.

En dépit d’une volonté politique bien affirmée, le passage du Bhoutan à la voiture électrique ne sera toutefois pas une simple formalité. Plusieurs difficultés devront être surmontées, notamment techniques. Les routes sont souvent en mauvais état, particulièrement en zone rurale. Le coût d’une voiture électrique neuve semble également supérieur au pouvoir d’achat du Bhoutanais moyen.

Alexandra Frutos