La voiture autonome est testée en conditions réelles sur les routes françaises

Le 14 septembre, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron devrait rouler dans un prototype de Citroën C4 Picasso autonome sur le circuit du centre d’ingénierie de PSA à Vélizy (Yvelines). Le modèle, bardé de capteurs, radars et caméras, est capable de se déplacer sans pilote. Très médiatique, cette opération donne le départ des premières expérimentations de voiture autonome en France, sur le modèle de ce qui se fait aux Etats-Unis, notamment en Californie avec les Google cars. Depuis juillet, quatre C4 Picasso sont testés en route ouverte (au milieu du trafic) en région parisienne. Et PSA Peugeot Citroën sera rejoint d’ici à la fin de l’année par Renault, avec son prototype Next Two, une petite citadine électrique sur base de Zoé, déjà en test sur circuit. «?Nous aurons nos premières autorisations pour aller sur route ouverte d’ici à la fin de l’année?», indique Jean-François Sencerin, responsable de la stratégie véhicule autonome de Renault.

Publiée fin août, la loi sur la transition énergétique autorise le gouvernement à adapter la législation «?afin de permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite?». «?Une ordonnance sera prise dans le courant du mois’», indique-t-on à Bercy. De quoi permettre la généralisation des tests, avec la mise en place, pour les véhicules concernés, d’une plaque d’immatriculation « W » spécifique.

Au prochain congrès mondial des transports intelligents, le Salon ITS, qui se tiendra début octobre à Bordeaux, cinq nouvelles autorisations de mise sur route seront attribuées, pour les groupes Akka (avec la Link&Go), Valeo, l’institut Vedecom et les navettes électriques Navia et Easymile. En parallèle, plusieurs villes préparent des expérimentations sur leur territoire, comme la commune de Rambouillet (Yvelines), qui pourrait lancer des tests en fin d’année.

La commercialisation en masse des voitures autonomes restera toutefois encore longtemps freinée par les questions de réglementation. La convention de Vienne, actuellement en re-discussion, exige que le conducteur garde les mains sur le volant du véhicule. Autre écueil de taille, les questions de responsabilité et d’assurance en cas d’accident.

En attendant, les tests sur route doivent garantir la fiabilité de la conduite autonome, quelles que soient les conditions météo ou de trafic. « On ne peut pas lancer un véhicule qui soit sûr dans 98 % des cas. Il faut pouvoir gérer l’ensemble des situations de conduite », explique Vincent Abadie, responsable du projet chez PSA. Lors des tests, PSA va faire rouler chacun de ses C4 Picasso environ 2 000 km sur le boulevard périphérique parisien, la N118, la N104, l’A12 et l’A13, avec présence à bord d’un pilote spécialement formé (celui-ci ne touche pas le volant, mais reprend la main en cas de besoin). « Il y a des passages plus complexes à gérer comme les insertions sur autoroutes, la conduite de nuit, ou sur certaines zones où le marquage au sol, en mauvais état, est plus difficile à lire pour les caméras », poursuit M. Abadie. Autres situations à risques, les obstacles sur la route ? la voiture peut avoir à franchir une ligne continue pour les éviter alors que sa programmation le lui interdit ? ou la présence de zones de travaux temporaires. (ECHOS 2/9/15)

Alexandra Frutos