La situation financière des grands constructeurs d’automobiles européens s'est améliorée

L'agence de notation financière Fitch estime que la situation financière des grands constructeurs d’automobiles européens s'est améliorée, bien que les difficultés structurelles du secteur continuent à peser sur la santé de ces entreprises. « Fitch considère que les profils de risque dans le secteur automobile européen se sont renforcés dans les deux à trois dernières années, et table sur de nouvelles améliorations », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié en juin.

Les récents relèvements des notes des Français PSA à BB-, avec une perspective positive, et Renault à BBB-, ou encore de l'Allemand Volkswagen à A en témoignent, souligne Fitch, qui note toutefois que le groupe italo-américain Fiat Chrysler (FCA) « fait toujours face à des défis, particulièrement en termes de flux de trésorerie ».

Ainsi, les Allemands BMW, Daimler et Volkswagen « présentent toujours un profil de risque robuste, en ligne avec la catégorie +A+. L'industrie allemande et les profils financiers restent plus solides que ceux de leurs pairs européens, en dépit des récentes actions sur la notation de Renault et PSA », détaille l’agence.

Fitch constate que « les marges opérationnelles de la plupart des industriels ont augmenté depuis les faibles résultats de 2012. L'amélioration est particulièrement notable chez Renault et PSA [...], que nous pensons voir croître de 3 à 3,5 % d'ici à 2016. Nous tablons également, pour BMW, Daimler et Volkswagen, sur une marge d'exploitation qui reste supérieure, respectivement, à 9, 8 et 6 %, ce qui est en ligne avec la catégorie +A+ ».

L’agence dit également tabler sur le fait que « l'augmentation des liquidités issues des opérations soit partiellement utilisée à des investissements offensifs, pour la croissance et le développement de nouvelles technologies, et des dividendes plus généreux lorsque le bénéfice net croît ».

Pour Fitch, « les profils d'entreprise se sont également améliorés. La diversification géographique et de produits a augmenté dans le secteur et la plupart des groupes sont moins dépendants du marché européen et de quelques modèles ». Malgré ces améliorations, l'agence de notation juge que « les problèmes fondamentaux de cette industrie n'ont pas disparu ». En effet, « la surcapacité de production, la compétition intense et la pression sur les prix, de lourdes contraintes règlementaires et de faibles liquidités générées à moyen terme, les taux de rentabilité, vont continuer à peser sur les constructeurs et à contraindre leurs relèvements de notes », prévoit-elle.

Alexandra Frutos