La route de cinquième génération trace la voie du futur

A chaque époque, les hommes réinventent la route au rythme de leurs innovations, des enjeux sociétaux et des attentes des usagers. Résolument tournée vers le futur, la route de cinquième génération (R5G) se veut automatisée, sûre, durable et adaptée aux besoins de déplacement. Plusieurs équipes de chercheurs se mobilisent autour de ce projet phare de l’Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux), partie prenante du projet européen Forever Open Road.

La plupart des innovations qui composent la R5G sont maintenant arrivées à maturité : communication et échange d’énergie entre l’infrastructure, le véhicule et le gestionnaire du réseau ; matériaux recyclables capables de s’autodiagnostiquer et de s’autoréparer ; état de surface optimal en permanence malgré les variations climatiques, etc. Leur intégration à l’échelle industrielle à des coûts mesurés demeure toutefois un vrai défi.

Dans le cadre de Greencity, évènement de la ville durable qui se déroulait fin novembre à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), un accord a été signé pour mettre en ?uvre cette route à énergie positive de cinquième génération, qui permettra d’expérimenter en conditions réelles les dernières innovations connues en matière d’infrastructures routières. Les travaux pourraient débuter au printemps 2017. La D 199 a été choisie pour cette expérience car il s’agit d’une route peu fréquentée, située tout près de l’Ifsttar. Le surcoût au kilomètre de cette route intelligente est pour l’instant estimé à 5 % par rapport à une route traditionnelle. Cette chaussée fonctionnera comme une pompe à chaleur : elle emmagasinera de l’énergie quand il fera chaud et la restituera lors des périodes de froid. A l’inverse, elle sera aussi capable dans les régions chaudes de rafraîchir l’atmosphère en relâchant du froid, créant ainsi un microclimat. Un enrobé poreux entre deux couches d’enrobé dense, qui remplace avantageusement la circulation d’eau chauffée par la géothermie, est le matériau qui permet de faire cette route « à climatisation réversible ».

Le revêtement de la R5G sera par ailleurs semi-transparent. Il sera donc possible de placer des cellules photovoltaïques sous le verre de surface. L’énergie ainsi produite permettra dans un premier temps d’alimenter l’éclairage public, tout en assurant une autosuffisance énergétique à la D 199. Dans un avenir plus lointain, elle devrait contribuer à alimenter les véhicules électriques qui emprunteront cette route.

Enfin, la route de cinquième génération saura dialoguer avec les voitures, réguler le trafic afin d’éviter les embouteillages et même de s’autodiagnostiquer et d’appeler les secours lorsqu’elle sentira des nids-de poule se former.

Alexandra Frutos