La renaissance de l'industrie automobile américaine est aussi tirée par les exportations (2/2)

Tandis que Ford présentait sa nouvelle Mustang, Toyota lançait la production du nouveau Highlander dans son usine de Princetown (Indiana) et indiquait que la Russie et l’Australie étaient d’importants marchés pour le tout-terrain. Exporter « constitue une protection contre les fluctuations des devises, mais reflète également l’attractivité de nos produits dans des endroits tels que la Chine, la Russie et le Moyen-Orient », a expliqué M. Carter, patron de la division américaine de Toyota. Nissan prévoit pour sa part d’exporter environ 14 % de sa production américaine cette année. Et Honda prévoit qu’à l’horizon 2014 il exportera davantage de véhicules fabriqués en Amérique du Nord - une grande partie d’entre eux dans ses usines américaines - qu’il n’importera dans cette région de véhicules produits au Japon.

Il y a une décennie, la plupart des véhicules américains exportés étaient écoulés au Canada et au Mexique. En 2012, la moitié environ des exportations ont été destinées à ces deux marchés. La demande augmente rapidement dans d’autres pays. Les exportations vers l’Arabie Saoudite ont par exemple triplé depuis 2009 et les ventes aux consommateurs chinois ont quintuplé sur la période.

Ford a exporté l’an dernier plus de 370 000 véhicules fabriqués aux Etats-Unis (+ 14 %). Sa palette de modèles destinés à l’étranger comprend les Focus et Fusion tricorps ainsi que des tout-terrain de loisir tels que l’Escape et l’Explorer. A l’instar des deux autres constructeurs de Detroit, General Motors et Chrysler, Ford a fortement réduit ses capacités de production aux Etats-Unis depuis la crise financière de 2008. Ses usines américaines sont aujourd'hui plus productives et ses coûts de main-d’oeuvre sont moins élevés. Il a en outre introduit des moteurs plus petits et plus sobres qui séduisent les acheteurs en Europe et dans d’autres régions où les carburants sont chers.

Certaines marques américaines apparaissent mieux adaptées aux marchés étrangers que d’autres. General Motors, par exemple, s'efforce d'accroître les ventes de sa marque de haut de gamme Cadillac hors des Etats-Unis, mais il vient d’annoncer qu’il renonçait à développer sa marque Chevrolet en Europe où elle était en concurrence avec la marque Opel.

L’un des grands succès à l’exportation a été la marque Jeep. L’usine de Jefferson Nord assemble tous les jours des Jeep Grand Cherokee qui sont destinés à être commercialisés dans plus de 120 pays. Selon le Département américain du Commerce, les ventes mondiales de la marque ont augmenté de 19 % en 2012. Et Chrysler a investi 500 millions de dollars dans son usine de Toledo pour le nouveau Jeep Cherokee, en partie pour répondre à la demande attendue pour le modèle hors des Etats-Unis.

Frédérique Payneau