La production et la conception automobiles doivent faire face à de nouveaux défis (1/2)

L'entreprise Local Motors vient récemment de dévoiler une voiture électrique imprimée en 3D ? la Strati ? pour laquelle des personnes du monde entier ont proposé leurs propres idées de design, indique le Journal de l'Automobile. Avec 40 000 utilisateurs et un nombre massif de nouvelles idées "crowdsourcées" quotidiennement, l’entreprise a adopté une approche ouverte et méconnue de la conception et la production. Ce n’est que le début de ce que sera l’industrie automobile de demain.

Ces types de changement ont un impact sur toutes les industries, souligne Andrew Anagnost, vice-président sénior Industrie, Stratégie et Marketing chez Autodesk. Les relations entre les designers de produit, les fabricants et les consommateurs s’imbriquent de plus en plus. Le regard sur la propriété intellectuelle et l’innovation évoluent également. Dans peu de temps, nous verrons bientôt émerger le "superordinateur pour tous". La façon dont les produits sont fabriqués (comme chez Local Motors qui utilise des imprimantes 3D et des micro-usines) définit un réel changement de paradigme.

Le secteur industriel ? et particulièrement celui de l’automobile ? entre ainsi dans une nouvelle ère. Les murs de la propriété intellectuelle s’écroulent. Les brevets et la propriété intellectuelle resteront des éléments importants pour la société mais l’amplification du mouvement "open source" montre combien le développement communautaire peut être stimulant pour l’innovation. Le domaine privé de la recherche et du développement commence à s’ouvrir. L’été dernier, Elon Musk, fondateur de Tesla, a annoncé que tous les brevets de la technologie Tesla seraient mis à disposition pour libre utilisation afin d'encourager encore plus l’innovation dans les véhicules électriques. "Avec une production annuelle de nouveaux véhicules avoisinant les 100 millions d’unités par an et une flotte mondiale de près de deux milliards de voitures, il est impossible pour Tesla de construire des véhicules électriques assez rapidement pour faire face à la crise du carbone", déclare Elon Musk. "Par la même occasion, cela signifie que le marché est énorme. La concurrence n’est pas dans le petit nombre de voitures non électriques produites par Tesla, mais plutôt dans le flot immense de véhicules à essence qui sortent chaque jour des usines du monde entier".

Toyota a lui aussi annoncé en début d'année la mise à disposition gratuite de milliers de brevets liés à l’utilisation de piles à combustible fonctionnant à l’hydrogène, avec l’espoir d’accélérer le développement de cette technologie. "Toyota va autoriser l’usage sans licence de l’ensemble de ses 5 680 brevets sur les piles à combustible", avait alors indiqué Bob Carter, vice-président de Toyota US, lors d’une conférence de presse à Las Vegas à la veille de l’ouverture du salon grand public CES consacré à l’électronique. L’accord, valable à l’échelle mondiale, couvre des brevets concernant les piles à combustible elles-mêmes mais aussi les réservoirs des véhicules, les logiciels de contrôle ou les stations-services à hydrogène. "La première génération de véhicules à pile à combustible à hydrogène, qui sera lancée entre 2015 et 2020, sera critique, réclamant un effort concerté et une collaboration non conventionnelle entre les constructeurs automobiles, les régulateurs gouvernementaux, les universitaires et les fournisseurs d’énergie", a indiqué Toyota.

Juliette Rodrigues