La présidente de Mia Electric veut que la voiture électrique soit rentable en 2014

Michelle Boos, la nouvelle présidente de Mia Electric, espère que la voiture électrique produite par le constructeur, basé à Cerizay (Deux-Sèvres), sera rentable dès 2014 grâce à une hausse des ventes qui s'accompagnera d'une diversification du portefeuille de services.

« La production avait été complètement arrêtée » par le précédent propriétaire, l'Allemand Edwin Kohl, qui a cédé ses 88 % du capital, le reste étant détenu par la région Poitou-Charentes, explique à l’AFP (23/7/13) Mme Boos. « Il a donc fallu relancer tout ça, commander des composants à nos fournisseurs qui eux-mêmes ont dû se réapprovisionner », ajoute-t-elle.

Mme Boos a déjà pris des mesures pour redresser l’entreprise. « J'ai commencé par baisser les prix et nous avons maintenant deux à cinq véhicules commandés par jour. Le but est d'en produire entre 70 et 100 par mois et d'en vendre 700 d'ici à décembre, puis 200 par mois en 2014 », ce qui permettrait d'atteindre l'équilibre, indique-t-elle. Entre janvier et son arrivée à la mi-juin, 205 véhicules seulement ont été écoulés.

Mme Boos table sur l'engouement des particuliers pour la Mia, qui se décline en carrosseries à trois places et quatre places, ainsi qu’en variante utilitaire. « Aujourd'hui, 80 % des clients sont de petites sociétés, mais la part des particuliers augmente. Je veux avoir 100 voitures en stock pour pouvoir vendre à des particuliers qui auraient un coup de coeur pour le modèle » et qui ne voudraient pas attendre, explique-t-elle.

Elle cherche également à étendre le réseau de distributeurs - 40 actuellement en France - et des importateurs en Europe. « On est en train de discuter pour en avoir un en Corée du Sud », indique Mme Boos, qui renégocie par ailleurs « les contrats avec les fournisseurs, avec l'objectif de réduire les coûts de 35 % ». « En ce moment, nous perdons 1 000 euros sur une voiture vendue 15 000 euros », avant déduction du bonus gouvernemental de 7 000 euros, indique-t-elle.

« Je perds de l'argent avec la Mia, mais c'est un bel outil pour montrer que nous développons de nouvelles technologies », souligne Mme Boos. « Nous travaillons ainsi à réaliser une pile à combustible à hydrogène pour accroître l'autonomie de la future génération de véhicules, et j'ai besoin de la Mia pour montrer que ça marche. La société peut aussi vendre d'autres produits et j'ai déjà apporté trois gros contrats en ingénierie », poursuit la femme d'affaires, qui avait déjà investi en 2006 dans une entreprise allemande ayant travaillé sur un véhicule hydrogène.

En attendant, la situation financière de l'entreprise « n'est pas mal du tout », affirme-t-elle. « La société n'a pas de dettes, les salaires sont assurés et payés », indique-t-elle. Pour renforcer Mia Electric, elle compte « faire venir de nouveaux investisseurs » et, à terme, son but est « d'aller en Bourse ».

Alexandra Frutos