La percée des équipementiers français en Amérique du Nord

Non contents d’avoir percé en Chine, les grands équipementiers français - Faurecia, Plastic Omnium et Valeo - enregistrent une forte croissance en Amérique du Nord, où ils profitent notamment du rebond du marché automobile américain et d’une politique d’acquisitions judicieuse. Faurecia est ainsi devenu en juin le cinquième équipementier d’Amérique du Nord en termes de chiffre d’affaires (3,6 milliards d’euros en 2012, en hausse de 19 %), dans le classement annuel du magazine Automotive News, derrière Magna International, Johnson Controls, Continental et Bosch. Il n’occupait que le vingtième rang en 2009 et générait il y a dix ans à peine 1,2 milliard d’euros de revenus dans la zone. Faurecia compte désormais 3 usines aux Etats-Unis et au Mexique (il en ouvrira cinq nouvelles d’ici à 2016) ; l’Amérique du Nord génère désormais 21 % de ses revenus.

Valeo a quant à lui vu ses ventes en Amérique du Nord progresser de 15 % en 2012, à 1,9 milliard d’euros, représentant 17 % de ses ventes mondiales. A titre de comparaison, ses ventes dans la région s’établissaient à 1,3 milliard d’euros en 2002.

L’Amérique du Nord est par ailleurs devenue le premier débouché de Plastic Omnium depuis 2012 ; il y réalise 27 % de ses ventes mondiales, à égalité avec l’Europe de l’Ouest, grâce à une croissance de ses ventes de 31 % l’an dernier, à 1,3 milliard d’euros. Ses ventes dans la région n’atteignaient que 0,5 milliard d’euros en 2002.
La croissance des équipementiers français en Amérique du Nord est également le fruit d’une série d’acquisitions qui leur ont permis d’accroître leur présence chez les constructeurs américains ces dernières années. Faurecia a notamment racheté le spécialiste du contrôle des émissions polluantes Emcon en 2010, puis l’usine Ford de salin en 2012. Valeo a quant à lui acquis fin 2012 l’usine spécialisée dans la climatisation de DTS. Enfin Plastic Omnium a repris l’activité réservoirs à essence en plastique de Ford en 2011. « Ces déploiements ont été facilités par les difficultés de grands équipementiers américains pendant la crise, comme Delphi ou Visteon, qui ont permis aux constructeurs européens de gagner des parts de marché ou de reprendre des usines. D’autant que leur maîtrise des savoir-faire du marché européen, très exigeant, intéresse les acteurs du marché américains désireux de monter en gamme et de faire face à des réglementations plus serrées, souligne Florent Couvreur, analyste chez CM-CIC.

Si les activités des équipementiers français en Amérique du Nord sont très rentables, avec des marges opérationnelles évaluées par les analystes entre 6 % et 7 %, les coûts d’implantation et de démarrage de leurs activités dans la région ont pesé sur les marges, ce qui a eu un impact sur leur rentabilité. Il leur reste désormais à stabiliser leur croissance afin de récolter tous les fruits de leur stratégie d’internationalisation.

Alexandra Frutos