La mortalité routière n’a cessé de baisser dans l’UE depuis 2001

L’ETSC (Conseil Européen de la Sécurité des Transports) vient de publier les résultats de son étude sur l’évolution de la mortalité routière entre 2001 et 2012, basée notamment sur les statistiques fournies par les institutions nationales dédiées à la sécurité routière dans l’Union Européenne mais également en Suisse, Israël, Serbie et Norvège. L’étude met en évidence que, si 12 345 automobilistes ont trouvé la mort en 2012 dans l'ensemble de ces pays (conducteurs et passagers confondus), le nombre d’occupants de voitures tués depuis 2001 ne cesse de diminuer. En 2001, c’est près de 28 000 personnes qui avaient trouvé la mort en voiture sur les routes d’Europe. Cette baisse de 55 % est supérieure à celle de 49 % qui concerne les accidents de la route tous véhicules confondus (41 % pour les véhicules hors voitures). La part des automobilistes parmi les victimes d’accidents mortels est ainsi passée de 55 % à 48 %.

D’après l’ETSC, cette amélioration est due à une meilleure protection des occupants grâce à des voitures toujours plus nombreuses à récolter la note maximale aux essais de choc Euro-Ncap, eux-mêmes durcis régulièrement, à des mesures répressives renforcées à l’encontre des auteurs d’infractions, et à un perfectionnement des infrastructures.

Les conducteurs masculins représentent 56 % des automobilistes tués entre 2010 et 2012, contre seulement 13 % pour les femmes au volant. Côté passagers, les hommes représentent 17 % des tués et les femmes 14 %. Les 18-25 ans restent la population la plus touchée par la mortalité routière. Les types de collisions menant aux décès varient selon les pays. En France, près de la moitié des tués trouvent la mort dans des chocs n’incluant qu’un seul véhicule. Suivent ensuite les collisions frontales avec plus de 30 %. Dans l’Hexagone, près de 80 % des accidents mortels ont lieu sur le réseau secondaire, pour environ 15 % en ville et approximativement 6 % sur autoroute.

Selon l’ETSC, les principales causes d’accident restent la conduite en état d’ébriété, une vitesse inadaptée mais également le non port de la ceinture de sécurité. Le Conseil estime ainsi que 8 600 personnes ont survécu grâce à la ceinture en 2012, mais que 900 morts auraient encore pu être évitées si 99 % des automobilistes la portaient. La France fait figure de bon élève sur ce point, et même le meilleur concernant les places avant avec 97 %.

L’ETSC a accompagné ses résultats d’une série de recommandations adressées autant aux Etats qu’aux institutions européennes. Le Conseil souhaite par exemple voir les rappels visuels et sonores de ceinture non bouclée devenir obligatoires, et les éthylotests anti-démarrage imposés pour tous les conducteurs professionnels. Il souhaite également voir se généraliser les régulateurs de vitesse adaptatifs, et encourage une amélioration de la signalisation routière afin que certains systèmes embarqués comme l’affichage des panneaux ou l’alerte de franchissement de ligne soient plus efficaces. L’ETSC préconise également une meilleure formation des nouveaux conducteurs. Pour ce qui est des restrictions et de la répression, l’ETSC se montre favorable à une réduction des limitations de vitesse ainsi qu’à un renforcement des contrôles et des sanctions. (AUTOPLUS.FR 29/4/14)

Alexandra Frutos