La mortalité routière a augmenté de 3,5 % en 2014

Le bilan définitif de la Sécurité routière pour 2014 vient d’être rendu public. 3 384 personnes ont perdu la vie sur les routes l’an dernier, en hausse de 3,5 % (le bilan provisoire publié en janvier faisait état d’une hausse de 3,7 %). Le nombre de blessés ? 73 048 - a lui aussi augmenté de 3,5 %, tout comme le nombre d’accidents corporels (+ 2,4 %, à 58 191) et celui des blessés hospitalisés (+ 2,6 %, à 26 635).

"Les usagers les plus vulnérables, piétons (+ 7 %, 499 tués) et cyclistes (+ 8 %, 159 décès), ainsi que les automobilistes (+ 3 %, 1 663 tués) sont les plus touchés par cette hausse", a précisé Manuelle Salathé, secrétaire générale de l'Observatoire interministériel à la Sécurité routière (ONISR).

70% des 35 000 blessés graves recensés sont en effet des motocyclistes, des cyclomotoristes, des cyclistes et des piétons. Les deux roues motorisés représentent notamment 43 % des blessés graves et 23 % des personnes tuées, alors qu’ils ne comptent que pour 2 % du trafic motorisé.

Les hommes sont eux plus touchés puisque 75 % des personnes tuées ou gravement blessées en 2014 sont de sexe masculin. Comme toujours, les jeunes ne sont pas non plus épargnés. Les 15-29 ans représentent un tiers des blessés graves et 22 % des tués.

Notons enfin que 64 % de la mortalité routière a été constatée hors agglomération, contre 29 % en agglomération et seulement 7 % sur autoroute.

L’alcool a été en 2014 la première cause de mortalité sur les routes. 28 % des personnes tuées l’ont été dans un accident où au moins un conducteur avait un taux supérieur à 0,5 g/l. La présence de stupéfiants a été décelée dans 23 % des accidents mortels, tandis que le non port de la ceinture de sécurité est à l’origine de 21 % des tués chez les automobilistes et que la fatigue (ou malaise) est intervenue dans 9 % des cas.

C’est la première fois en douze ans que les chiffres de la Sécurité routière repartent à la hausse. "Neuf accidents sur dix ont pour cause le comportement de l'usager", a fait remarquer le nouveau délégué interministériel Emmanuel Barbe, pour qui il faut encore "travailler à changer les comportements".

Pour ce faire, le gouvernement entend appliquer les 26 mesures annoncées en janvier par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Deux d’entre elles entreront d’ailleurs en vigueur le 1er juillet prochain : l’abaissement du taux légal d’alcoolémie de 0,5 à 0,2 g/l pour les jeunes conducteurs, et l’interdiction des kits mains libres au volant, ainsi que de "tout système de type écouteurs, oreillette, casque, etc.". Sans oublier bien sûr l’expérimentation de la baisse de la vitesse de 90 à 80km/h sur trois axes routiers. (AUTOPLUS.FR 28/5/15? PARISIEN 29/5/15)

Alexandra Frutos