La marque DS ambitionne de réaliser à terme 10 % des ventes VP du groupe PSA

Dans un entretien accordé à AUTOACTU.COM (30/6/14), Yves Bonnefont, directeur de la marque DS, explique qu’avec l’arrivée de Carlos Tavares à la tête du groupe PSA, la volonté de donner son autonomie à DS en tant que marque a été réaffirmée et « doit désormais se faire à vitesse accélérée ».

« Ce qui est remarquable, et nous conforte dans l’idée que DS doit être traitée comme une marque à part entière, c’est que les deux tiers de ses ventes ont été de la conquête, soit 300 000 clients qui ne possédaient ni Citroën, ni Peugeot », souligne le directeur. « Avec la marque Citroën, on se positionne sur de l’expérience partagée pour une clientèle plutôt familiale. Avec DS, la clientèle est dans l’image projetée, elle exprime sa personnalité à travers une marque qui casse les codes », analyse-t-il par ailleurs.

Cette spécificité de la clientèle DS, « qui a des attentes particulières en termes d’accueil et de service, nécessite que nous nous adressions à elle de façon différenciée ». Cela implique une séparation plus nette avec l’univers de marque de Citroën. Aujourd’hui, « dans 85 % du réseau européen, un corner DS est installé dans les showrooms Citroën, des zones dédiées avec un sol et un éclairage spécifique », rappelle M. Bonnefont. Désormais, un autre format est en train de se déployer, qui s’appuie toujours sur l’immobilier Citroën, mais avec une séparation plus marquée : des « salons DS », espace de 150 m² minimum avec mobilier spécifique et vendeur dédié. « Il en existe une quinzaine en Europe et nous en compterons 40 en fin d’année », indique le directeur.

Enfin, la marque déploie des « DS Store », des showrooms cette fois totalement indépendants des concessions Citroën. Ces points de vente, déjà déployés en Chine, à Tel Aviv ou à Copenhague, seront implantés dans les 200 plus importantes mégapoles internationales, « là où la clientèle DS se concentre ». Compte-tenu des contraintes d’espace dans ces villes, l’après-vente sera assuré par le réseau de « Citroën, voire de Peugeot », avec probablement un service de jockey, comme cela est proposé au sein du DS World de Paris. La marque se déploiera partout sauf aux Etats-Unis, où PSA ne compte pas de réseau de distribution. « Nous avons déjà une demande de la part de concessionnaires Citroën européens pour ouvrir des DS Store, mais nous voulons nous déployer progressivement, au bon rythme et en bonne intelligence », explique M. Bonnefont.

Cette année, DS va atteindre le chiffre de 500 000 unités vendues depuis le lancement des premiers modèles en mars 2010, dont 300 000 DS3 qui ont été produites à Poissy. Les ventes en Europe représentent environ 85 % des volumes. L’autre grand marché, la Chine, totalise 8 100 ventes depuis le début de l’année, dont 2 800 sur le seul mois de mai. « Nous sommes très satisfaits de ce niveau de vente, ainsi que des performances de notre usine, qui se classe parmi les meilleures du groupe en termes de qualité comme de productivité, alors qu’elle a opéré trois lancements industriels en l’espace de 12 mois », se félicite M. Bonnefont. Le nombre de points de vente de la marque en Chine devrait passer de 59 aujourd’hui à 100 d’ici la fin de l’année.

Considérant que les marques premium représentent 10 % du marché automobile mondial, il estime que « réaliser 10 % des ventes VP du groupe avec DS est une ambition raisonnable à terme ». Ce terme pourrait intervenir peu après 2020, date à laquelle la gamme DS sera constituée de 6 modèles mondiaux, contre 5 aujourd’hui, dont 3 sont spécifiques à l’Europe (DS 3, DS 4 et DS 5) et 2 à la Chine (DS 5 L et DS 6WRD).

Alexandra Frutos