La maire de Paris veut réserver aux piétons une partie de la voie expresse Georges-Pompidou

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé le 18 octobre, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, qu'elle rendrait piétonne, à l'été 2016, une partie de la voie sur berge Georges-Pompidou. Ce projet de fermeture totale à la circulation automobile et de création d'une « aire piétonne végétalisée de 4,5 hectares » en bord de Seine rive droite, à l'instar de ce qui a été fait en 2012 rive gauche entre le pont Royal et le pont de l'Alma, sera présenté au conseil de Paris de novembre, a-t-elle indiqué.

Concrètement, la piétonisation de la voie Georges-Pompidou (13 km) se fera sur un tronçon de « 3,3 km qui va du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) au bassin de l'Arsenal (IVème) », les quais bas le long de la Seine étant « définitivement fermés au trafic automobile » après « l'édition 2016 de Paris Plages ». Ce nouvel espace de « respiration, de promenade et de détente », évalué à « au grand maximum 8 millions d'euros », « va profondément changer le visage et l'image de notre ville », a estimé Mme Hidalgo, qui « assume complètement l'objectif de dissuasion » de la circulation automobile.

Le groupe d'opposition municipale Les Républicains, présidé par l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, a dénoncé dimanche une « démarche autoritaire » de la maire de la capitale, après « un simulacre de concertation en plein été ». « En choisissant la précipitation, elle organise le report intégral de la circulation sur les quais hauts et leur asphyxie. En décidant unilatéralement, elle donne une nouvelle démonstration de son mépris pour les habitants et les élus de la petite couronne », a déploré le groupe LR. « Les temps de trajet seront fortement allongés et la pollution ne sera donc que déplacée et même aggravée sur les quais hauts », a ajouté l'opposition.

De fait, la fermeture à la circulation de cette voie expresse rive droite pourrait faire perdre jusqu'à vingt minutes aux automobilistes, d’après une étude de la direction de la voirie et des déplacements (DVD) de la mairie de Paris publiée fin septembre.

Le Medef a lui aussi opposé « un rejet net et massif » à cette piétonisation des voies sur berge.

Anne Hidalgo a par ailleurs confirmé la construction d'un tramway rive droite, pour une mise en service « avant 2020 ». Ce projet « permettra une traversée de Paris d'ouest en est, soit par les quais hauts, soit par la rue de Rivoli », a-t-elle déclaré. (AFP 18/10/15)

Alexandra Frutos